Pour la première fois depuis la création de la chambre haute du parlement, des sénateurs issus des partis du pouvoir ont boycotté, ce lundi, la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire. La raison ? Les membres du sénat se sont solidarisés avec un des leurs, le sénateur de Tipaza Malik Boudjouher, poursuivi en justice après avoir été interpellé en flagrant délit de corruption.

Selon des sénateurs, le sort réservé à leur collègue est injuste. Ils mettent notamment en cause la manière avec laquelle le parlementaire, déjà radié des rangs du RND pour les mêmes reproches, a été incarcéré. Ils estiment que le sénateur est « victime » d’une « machination orchestrée » par un homme d’affaires de la région qui voulaient « le mouiller » dans des affaires de corruption.

Pourtant, en l’absence de la levée de l’immunité parlementaire, le sénateur de Tipaza ne peut être poursuivi en justice. Il est protégé par l’article 126 de la Constitution.

«L’immunité parlementaire est reconnue aux députés et aux membres du Conseil de la Nation pendant la durée de leur mandat. Ils ne peuvent faire l’objet de poursuite, d’arrestation, ou en général de toute action civile ou pénale ou pression, en raison des opinions qu’ils ont exprimées, des propos qu’ils ont tenus ou des votes qu’ils ont émis dans l’exercice de leur mandat », indique le texte fondamental. Même en cas de crime ou délit et même de flagrant délit, la levée de l’immunité parlementaire est obligatoire pour poursuivre un parlementaire. Rappelons enfin que le sénateur Malik Boudjouher est détenu en ce moment à la prison de Koléa.