Des anciens ministres, hauts gradés ou des chefs de partis ont bénéficié durant plusieurs années de la protection rapprochée assurée par des policiers de la DGSN. Aujourd’hui, l’institution dirigée par le colonel Mustapha El-Habiri veut mettre un terme au traitement de faveur accordé à ces VIP protégés jour et nuit par des gardes de corps payés par le contribuable algérien. 

Oui, chacun de ces VIP qui ont occupé des fonctions politiques au sein de diverses institutions bénéficient d’une protection rapprochée, des véhicules blindés, des brouilleurs et des gyrophares, financée par les deniers publics ! La DGSN a reçu officiellement des instructions pour mettre un terme à ce gaspillage et népotisme injustifié, a appris Algérie Part au cours de ses investigations.

Selon nos investigations, plusieurs personnalités politiques ont été officiellement contactées par la DGSN pour leur signifier la fin de leur protection rapprochée. Ainsi, à titre d’exemple, Amara Benyounès, patron du MPA, ancien ministre du commerce de 2014 à 2015, de la ville en septembre 2012 et des Travaux Publics en 2000, ne bénéficient plus de la protection de ses 3 gardes du corps mobilisés en permanence pour veiller sur sa sécurité. La DGSN a décidé de récupérer ses hommes et son matériel, des voitures, qui étaient mis à la disposition de ce dirigeant politique.

La même mesure a été adoptée avec d’autres personnalités politiques considérées comme des VIP à l’image de Yazid Zerhouni, ancien ministre de l’Intérieur de 1999 à 2010. La DGSN a contacté également Amar Saâdani, ancien patron du FLN de 2013 jusqu’à 2016. Ce dernier est prié également de restituer à la police nationale ses éléments et ses équipements de sécurité. Idem pour Naima Salhi, la leader islamiste qui ne cesse de défrayer la chronique à travers ses sorties controversées où elle offense des pans entiers de la société algérienne.

Cette femme politique bénéficiait jusque-là d’un véhicule blindé ! Et pourtant, Naima Salhi n’a aucun poids déterminant dans la vie politique algérienne et n’a jamais occupé des fonctions au sein du gouvernement. Mais selon nos informations, Naima Salhi tente de dissuader la DGSN de lui retirer ses gardes du corps prétextant les menaces de mort dont elle fait l’objet selon ses dires en raison de ses prises de position.

Face à cette situation rocambolesque, la DGSN essaie de se tenir à sa conduite en faisant respecter un seul principe : toutes les personnalités qui ne sont plus en fonction n’ont plus le droit de bénéficier de ces avantages onéreux.  Le patron de la DGSN, le colonel Mustapha El-Habiri, veut aller jusqu’au bout de son action pour en finir avec les usages abusifs de la protection rapprochée. Saura-t-il surmonter les caprices de ces VIP qui continuent de faire du lobbying pour préserver leurs privilèges ?