Depuis quelques semaines, des rumeurs folles agitent la toile. Des sites d’information, parfois fantoches, des pages d’internautes, des blogs de personnalités regorgent d’informations parfois fantaisistes. On est en plein dans l’ère des Fake News qui polluent la vie des Algériens à tous les niveaux.

La situation s’est d’ailleurs vérifiée et aggravée ces derniers jours. Après l’admission du président de la République pour des « contrôles routiniers » en Suisse, des sites et des internautes ont diffusé toutes sortes de rumeurs, allant d’une grave maladie qui aurait atteint le chef de l’Etat jusqu’àu pire des scénarios annonçant son décès. Il a fallu que la Présidence de la République annonce le retour de Abdelaziz Bouteflika au pays pour faire taire les rumeurs qui, faut-il le rappeler, ne sont pas nouvelles dans ce cas précis.

Avant cela, les rumeurs ont concerné des mouvements dans l’armée et, plus prosaïquement, un limogeage du Premier ministre qui, pour démentir toute rumeur, est parti en Chine représenter l’Algérie au sommet Chine-Afrique.

Ces Fake News qui ne concernent pas que l’Algérie, d’ailleurs, parasitent même le travail des journalistes. De simples citoyens, qui ne font bien sûr pas recours aux méthodes professionnelles pour traiter l’information (c’est-à-dire vérifier, recouper et attendre la confirmation…), se trouvent, du jour au lendemain, des sources d’informations pour des Algériens désabusés.

Si des gens malintentionnés ou à la recherche de notoriété peuvent être à l’origine de telles pratiques, les autorités publiques peuvent également avoir une part de responsabilité. En s’abstenant de communiquer de vraies informations aux médias professionnels, la rumeur devient maîtresse des lieux.

Et des charognards en recherche de buzz remplacent les journalistes professionnels qui se retrouvent, eux, en perte de crédibilité. L’accès à l’information est donc une urgence absolue. Car, une information mal véhiculée ou manipulée peut-être source de problèmes et parfois même de troubles à l’ordre public. Certaines affaires, comme la santé du Président de la République par exemple, sont des affaires trop sérieuses pour les laisser entre les mains d’imposteurs !