Faisant suite à notre récent appel à la Wali déléguée et au maire de Draria sur Algérie Part, nous partageons ici la lettre soumise par les résidents locaux de Sebala aux autorités locales, de même qu’au ministère de l’environnement en 2018. Aucune suite n’a été donnée à cette lettre.

Nous venons par cette présente lettre et pétition,  au nom de tous les voisins locataires, des coopératives demeurant  à Sebala – Draria, déposer une  plainte et demander secours auprès de votre institution  afin d’intervenir avec diligence  pour mettre fin à une catastrophe écologique devenue au fil des mois et années une décharge sauvage créée par une bande de voyous  transformant ainsi l’espace qui est censé être un paysage sain et agréable pour le voisinage  en un espace de saleté et d’ordures.

Un business et  un fonds de commerce juteux s’est développé en faisant de notre quartier  un centre de pillage attirant un nombre important de transporteurs clandestins venant de tous les lieux du centre d’Alger avec de grand camions  déversant des tonnes de déchets et de décombres dans notre site.

L’état de cet endroit au fil des mois s’est dangereusement dégradé en défigurant complètement la topographie du paysage par des montagnes de déchets de tous genres : briques, carrelages, faïences, piliers de béton et autres.

De plus, l’Oued de Sebala qui évacue les eaux de pluie des deux versants a été bouché par une montagne de déchets.  Les projet de la route, en cours, reliant Tixeraine – Saoula ainsi que le collecteur du réseau d’assainissement de tout le site, n’ont pas été, eux aussi, épargnés du remblayage. De ces faits, les eaux pluviales à défaut d’écoulement ont formé une mare d’eau nauséabonde qui risque de rendre le site vulnérable à toutes maladies transmissibles aux habitants de cette localité.

Plus grave encore, nous avons l’impression que le projet de réalisation de la voie par l’AGERFA a disparu du fait des milliers de mètre cubes de déchets et décombres qui sont déversés chaque soir. Nous précisons chaque soir et à partir de 19H00 et parfois allant même jusqu’a 01H00 du matin. Pendant ces horaires, des malfaiteurs sont mobilisés. Ils lancent leur pillage et entreprennent des travaux de terrassement pour niveler la plateforme par des engins loués afin d’agrandir constamment la surface de la décharge.

Cette bande, composée majoritairement de repris de justice, est organisée en réseau, dotée de moyens matériels et de surveillance efficace qui leur permettent de déjouer les opérations des équipes de gendarmerie lesquels venaient de temps en temps inspecter les lieux.

Ils agissent scrupuleusement sans âme et moralité peu importe l’état de l’Oued, les eaux pluviales bloquées et la nature défigurée du site. Ils sont capables de commettre des crimes pour maintenir leurs précieux fonds de commerce. Je vous invite d’observer l’état alarmant et choquant de la topographie du site. Devant cette situation qui devient de plus en plus alarmante, nous devons nous poser la question.

Quelles sont les victimes  de l’inconscience de cette bande de repris de justice ?

Bien sûr, ce sont les habitants en premier lieu. Ils vivent un véritable cauchemar à chaque soir que le mouvement de la décharge commence son pointage, sans pouvoir agir car ils ont failli laisser leurs vies en faisant l’objet des agressions physiques perpétrées par les membres de cette même bande de malfrats.

Aujourd’hui, les habitants se sentent abandonnés et touchés dans leur dignité de citoyens qui sont censés vivre dans un état de droit et dans un environnement propre. Nous demandons aux autorités du pays d’écouter notre cri de détresse.

L’agression sauvage de la nature provoque en conséquence des problèmes de l’environnement et de santé qui peuvent surgir éminemment et qui risquent d’aggraver la situation de la population. Par ailleurs, pour reprendre le projet du tronçon reliant Tixeraine – Saoula, on se demande aussi combien va-t-il coûter à l’Etat rien que la prise en charge de l’évacuation de toute la quantité des déchets et des décombres déversés par une mafia organisée qui tire profit de cette pollution désastreuse.

Nous avons approché la Gendarmerie de Draria afin de déposer plainte. Nous avons été informés que la Gendarmerie ne peut intervenir que la commune de Draria ne déclare pas officiellement que cette zone est interdite aux déchets publics.

En conclusion, nous vous prions de répondre à la détresse des habitants et d’intervenir en urgence pour remédier à ce sérieux problème qui risque de porter atteinte à toute notre société et à la nature.

Veuillez agréer l’expression de nos respects les plus sincères.

Les membres des coopératives voisines.