Il est toujours drôle de voir les politiques algériens s’agiter en temps de crise, puis disparaître à longueur d’année. La maladie du choléra – digne d’une autre époque – montre l’ampleur des défaillances en matière de gestion des déchets, des égouts et des décharges publiques qui inondent la capitale. Alors que certains citoyens – notamment ceux de Sebala – lancent des cris de détresse pour préserver leur écosystème depuis 2015, les autorités ont fait la sourde oreille. 

Avez-vous déjà entendu parler d’une décharge publique qui occupe plus d’un hectare et avec un volume dépassant les 100,000,000 m3, le tout sur une source d’eau naturelle qui est désormais couverte d’ordures de tout genre ? Mesdames et messieurs, ne soyez pas surpris, cela se passe depuis au moins 2015 à Sebala, dans la commune de Draria, à Alger, la capitale ayant récemment été classée parmi les plus sales au monde ! Preuves à l’appui, plusieurs articles ont déjà été publiés en mars 2018[1] puis en novembre 2016[2] (avec des signalements précis aux autorités) en ce sens sans faire bouger les autorités locales et compétentes d’un centimètre.

Les résidents locaux ont également soumis une lettre à plusieurs institutions locales et nationales. Nous n’avons reçu à ce jour aucun suivi. Pis encore, la situation à Sebala a empiré depuis ! Lorsque nous nous sommes déplacés à la gendarmerie nationale (située au niveau du rondpoint de Draria), nous avons été informés que la gendarmerie ne pouvait pas intervenir s’il n’y avait pas un décret interdisant de faire d’un lieu public une décharge ! Quel paradoxe. Nous entendîmes plus tard parler de collusion entre certains responsables locaux et des malfaiteurs qui s’enrichissent grâce à cette décharge. Au regard des scandales récents de collusion et l’inactivité des autorités locales, nous accordons le bénéfice du doute à toutes les voix entourant ce scandale, jusqu’à preuve du contraire.

Il semblerait, d’ailleurs, que la Wali déléguée de Draria fasse des visites fréquentes à ce site depuis plusieurs années (selon des résidents locaux), sans jamais avoir daigné s’adresser aux résidents avoisinants pour leur expliquer la situation et le plan des pouvoirs publics pour endiguer une fois pour toute ce problème catastrophique. La politique du silence et de l’autruche !

Nous continuerons à dénoncer la mauvaise gestion de la localité de Sebala dont se rend coupable la Wali déléguée de Draria jusqu’à ce que ces élus et représentants du pouvoir fassent leur travail convenablement et permettront aux citoyens algériens de Sebala de vivre dignement dans un environnement sain et propre.

Il est, d’ailleurs, à noter que ce scandale s’ajoute à celui qui concerne la route qui n’a jamais vu le jour dans ce même quartier alors que l’argent du contribuable a été versé à un sous-traitant il y a déjà des années de cela. Voici l’article en question :

Alger : 50 millions de Da pour une route qui n’a jamais… été réalisée !

[1] Mars 2018 : https://www.liberte-algerie.com/actualite/alger-une-capitale-a-decharges-publiques-289430www.nouara-algerie.com/2016/11/draria-seballa-une-decharge-sauvage-sous-la-coupe-de-delinquants-organises.html

[2] Novembre 2016 : http://www.nouara-algerie.com/2016/11/draria-seballa-une-decharge-sauvage-sous-la-coupe-de-delinquants-organises.html