En Algérie, il n’y a pas que les dirigeants politiques qui partent se soigner à l’étranger. De nombreux officiers de l’armée nationale et populaire (ANP) se déplacent régulièrement au niveau de plusieurs villes européennes pour subir des soins intensifs, a appris Algérie Part au cours de ses investigations. 

Selon nos recherches, le ministère de la Défense nationale est conventionné avec des hôpitaux et établissements de santé situés majoritairement dans 4 villes européennes : Marseille, Paris, Bruxelles et Genève. Chaque année, c’est un budget dépassant les 20 millions d’euros qui est débloqué par le Service social au Ministère de la Défense nationale pour financer les déplacements médicaux en Europe de nos officiers militaires. Il est à souligner que ce budget englobe uniquement les frais de l’hébergement et de subsistance des officiers de l’ANP. Les frais médicaux sont nettement plus chers et nous n’avons pas encore pu identifier leurs montants précis.

20 millions d’euros par an rien que pour le couvert et le logis, l’addition est salée, très salée pour un pays qui traverse une drastique crise financière. Selon nos investigations, chaque patient dépêché au niveau de ses 4 villes européennes bénéficient d’une enveloppe de subsistance de 80 euros par jour. Il s’avère également que le ministère de la Défense Nationale collabore avec d’autres établissements hospitaliers situés à Barcelone en Espagne ou même à Pékin en Chine. Ces prises en charge médicales à l’étranger ne concernent pas uniquement que les généraux-majors. Mêmes les sous-officiers bénéficient régulièrement de ces soins dans les établissements les plus huppés en Europe.

Les hauts gradés de l’ANP jouissent, toutefois, de plusieurs autres avantages onéreux. Les généraux bénéficient, à titre d’exemple, de 6 billets d’avion gratuits par an de la part d’Air Algérie, une compagnie déficitaire pourtant en quête désespérée de rentabilité, suivant une conventionn signée avec le ministère de la Défense Nationale.

L’addition de ces soins à l’étranger démontrent encore une fois que même la très disciplinée et rigoureuse ANP n’a pas su développer des hôpitaux dignes de ce nom et un système de santé moderne.  Inauguré dans les années 1980, l’actuel hôpital militaire d’Ain Naadja peine à répondre à la demande des soins de santé.  Et dire que naguère, cet hôpital était réputé pour son services nickel, personnels au chevet du patient à toute heure et un matériel médical de pointe.  Il n’y a donc plus d’endroit idéal pour se faire soigner en Algérie. Et pourtant, avec toutes ces millions d’euros dépensés à l’étranger, il aurait été totalement possible de se doter d’un établissement hyper-moderne dans notre propre pays.