Alors que le monde avance, l’intelligence artificielle et le digital révolutionnent tant les relations internationales, la gestion des Etats, des institutions, des entreprises et les relations personnelles entre les humains, bon nombre de nos responsables  ont besoin d’une révolution culturelle , une sorte de mise à niveau mentale,  pour s’adapter aux carcans de la nouvelle économie.

L’organisation de l’Etat algérien doit s’ éloigner des schémas utopiques du passé des années 1970/1980/1990, car étant à l’aube d’une véritable révolution planétaire 2020/2030, l’Algérie n’a  pas  d’avenir si elle ne favorise pas   la bonne gouvernance et l’économie du savoir, devant s’adapter à ces nouvelles mutations  qui sont les deux piliers fondamentaux du développement du XXIème siècle

La  naissance des NTIC est due notamment à la convergence de l’informatique, des télécommunications et de l’audiovisuel. Le développement d’Internet à haut débit, la démocratisation de l’ordinateur et des nouvelles technologies découlent d’une baisse des tarifs proposés par les fournisseurs d’accès et d’une demande de plus en plus présente de la clientèle.

Le boum des blogs et des messageries électroniques donne aux TIC une place de plus en plus vaste dans notre société. Cette interaction de l’électronique et de l’informatique explique que les applications des NTIC puissent répondre aux besoins aussi bien des entreprises et de l’Etat que des ménages et des individus. Désormais soumises aux mêmes lois du marché que n’importe quelle autre activité de production marchande, les NTIC constituent, en outre, un secteur où la concurrence se joue directement à l’échelle mondiale.

La globalisation des entreprises, des marchés et des circuits de la finance n’a pas seulement impliqué un remodelage des structures économiques et des flux d’échange, elle a aussi conduit à la professionnalisation de la communication et de l’information, ainsi qu’à une intégration de plus en plus poussée des phases de la conception, de la création et de la consommation des produits, parallèlement à la fusion de sphères d’activités jadis séparées, voire opposées.  Ainsi, le monde est devenu une grande maison de verre, dans la mesure où l’information n’est plus le quatrième pouvoir mais le pouvoir lui-même. L’infrastructure de l’Internet se répand aujourd’hui autour du monde pour créer un large réseau mondial et ce grâce à l’informatique qui permet aujourd’hui de numériser les informations et de gérer de nouveaux systèmes. L’avènement de l’ordinateur a énormément contribué au développement du traitement de l’information.

En effet, avec l’informatique, l’homme peut désormais se permettre de faire des calculs avec une facilité et gain de temps sans pareil. Et pourtant, le problème demeure posé lorsqu’il s’agit de la conversion des nombres, des chiffres, des chaînes de caractères et des caractères spéciaux en ASCII ou dans une base donnée. Cet intérêt s’est trouvé accru depuis plus d’une décennie en raison des retombées socio-économiques et culturelles des nouvelles technologies de l’information de la communication (NTIC) : la ”fracture numérique” transcende en effet les clivages géographiques et traverse de part en part toutes les sociétés humaines. C’est que les nouveaux moyens de télécommunication facilitent l’échange et la diffusion de la connaissance. Ces nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) changent donc profondément la vie au quotidien des citoyens, le fonctionnement des entreprises, de l’Etat. Tout cela entraîne de nouvelles représentations mentales et sociales. Cela est plus patent au niveau multimédia (TV, vidéo à la demande, GPS, musique…) sur les téléphones portables. Sur le plan macroéconomique, les nouveaux processus mis en place grâce aux TIC ont des conséquences sur l’analyse de la valeur des produits et services, que l’on effectuera davantage sur le cycle de vie, lequel a tendance à se raccourcir et influe sur les gains de productivité et la croissance liée à l’introduction des TIC.

Les TIC influencent également la recherche scientifique et technique et permettent indirectement de réaliser de nouvelles découvertes qui ont à nouveau un effet social, culturel,  politique et économique. Enfin, les TIC ont un impact dans de nombreux autres domaines comme les loisirs, la culture, la santé, la gestion du temps, les comportements en société. L’avènement d’Internet et le développement formidable qu’il connaît depuis quelques années ont pratiquement mis en demeure l’entreprise – de quelque importance qu’elle soit – de s’adapter et d’en faire l’usage le plus judicieux et le plus productif. La compétitivité l’obligeant à obtenir ou à donner l’information en temps réel, l’entreprise va en effet investir la Toile et recourir à l’électronique pour faire face à la concurrence et développer ses activités. Les NTIC permettent de mettre en place depuis quelques années des modèles d’organisation du travail dont les principales caractéristiques sont la décentralisation et la flexibilité. Le phénomène de délocalisation de l’emploi tient largement de la recherche des gains de productivité et des possibilités offertes par les NTIC aux entreprises, particulièrement à celles qui sont d’une grande envergure : télé-saisie, télétraitement et télémaintenance informatique sont maintenant une réalité de tous les jours.

La théorie de l’intelligence artificielle va bouleverser les relations internationales et les relations personnelles 

Devenue enjeu scientifique majeur, selon  la définition donnée par Wikipédia « l’intelligence artificielle   est « l’ensemble de théories et de techniques mises en œuvre en vue de réaliser  de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence » Souvent classée dans le groupe des sciences cognitives elle fait appel à la neurobiologie computationnelle, particulièrement aux réseaux neuronaux, à la logique mathématique (sous-discipline des mathématiques et de la philosophie) et à l’informatique  pour des résolutions de problèmes à forte complexité logique ou algorithmiques.

Par exemple,  dans le domaine médical, entraîner un ordinateur à analyser des images pour prédire la réponse d’un patient face à son traitement anti-cancer… Ce scénario digne d’un film de science-fiction est en passe de devenir réalité. Publiée dans la prestigieuse revue médicale «  The Lancet Oncologv » une étude française établit pour la première fois que l’intelligence artificielle    est capable d’exploiter ces données. Le potentiel est jugé « énorme » par les auteurs.

La technologie émergente de l’intelligence artificielle, ou IA, croise plusieurs techniques simulant les processus cognitifs humains. Existant depuis les années 60, la recherche s’est développée récemment au point de multiplier les applications: voitures autonomes,   diagnostics médicaux, assistants personnels, finance algorithmique, robots industriels , jeux vidéos .Par exemple  dans le domaine médical, entraîner un ordinateur à analyser des images pour prédire la réponse d’un patient face à son traitement anti-cancer… Ce scénario digne d’un film de science-fiction est en passe de devenir réalité. Publiée dans la prestigieuse revue médicale «  The Lancet Oncologv » une étude française établit pour la première fois que l’intelligence artificielle    est capable d’exploiter ces données.

Le potentiel est jugé « énorme » par les auteurs.. Satisfaction des désirs, solitude, mémoire, relation à l’espace.  Pour le psychiatre Serge Tisseron, dans une interview au monde.fr, les  robots vont modifier la psychologie ­humaine autant que les progrès de l’alimentation et de la médecine Il en sera de même avec les ­machines intelligentes, qui vont bouleverser non seulement notre quotidien mais aussi notre manière d’être au monde. L’auteur identifie quatre  domaines, au moins, seront profondément modifiés.

D’abord, notre capacité à différer   la satisfaction de nos désirs. Le téléphone, puis le mail, ont déjà commencé à altérer  et il en sera plus la livraison quasi instantanée par drone.  Le deuxième changement concerne le rapport à la solitude et au discours intérieur avec une  une tendance à nous par : la capture de nos données personnelles…Mais, du coup, la ­notion de solitude changera : la compagnie ne se définira plus seulement par la présence d’un humain, mais aussi d’une machine.

Troisièmement, notre smartphone ne sera pas seulement en mesure de stocker des  quantités de nos données personnelles, il pourra les classer à notre place, participant ainsi en permanence à la construction de notre biographie. Enfin quatrièmement, pour les outils de géolocalisation, ils nous permettront bientôt de nous déplacer dans l’espace sans en avoir la moindre compréhension. Si la téléportation, aujourd’hui banale dans les jeux vidéo, existe un jour dans le monde réel, elle sera perçue comme totalement naturelle, car nous avons déjà perdu la représentation des espaces intermédiaires entre le point dont nous partons et le point où nous arrivons.

En conclusion, d’une part  Il va  falloir intégrer notre relation aux ­objets comme un élément d’appréciation de la qualité de notre relation au monde – autrement dit de notre santé mentale et d’autre part les communautés de robots par  leur puissance d’apprentissage et de stockage des données sera basée sur leur interconnexion permanente. qui est le grand défi que nous poseront les objets dotés d’une IA.

Le digital : les institutions étatiques  et les entreprises ont besoin de revoir  leur management stratégique

Selon Oliver Zara dans deux intéressants ouvrages ( Editon Oxipole Québec Canada), «  le management de l’intelligence collective, vers une nouvelle gouvernance( mars 2016)  et « Agilité, innovation et engagement dans un monde digital , incertain et complexe » (octobre 2016) , maîtriser le digital implique de relever sept(07) défis.

Premièrement, distinguer les outils informatifs (transactionnels 1.0) et interactifs (relationnels 2.0) en fonction de l’objectif à atteindre (simple, compliqué ou complexe). Deuxièmement, bien choisir son espace: réel ou digital. Il y a des idées, des opinions qui ne sortent que dans le réel et d’autres qui ne sortent que dans le digital. Tout dépend de la nature de l’information d’où l’importance d’un management multicanal (blended). Troisièmement, ce qui n’existe pas dans le réel n’existe pas dans le virtuel: on ne devient pas un bon manager dans le virtuel si on est mauvais dans le réel.

Quatrièmement, faire preuve de bon sens numérique managérial: ce n’est pas parce qu’on peut techniquement le faire qu’on doit le faire.

Les outils ne posent pas de limites, c’est à l’utilisateur de définir lui-même les limites de l’usage au service du management. Cinquièmement, un logiciel ne manage pas à la place du manager. Le management digital, ce n’est pas « moins » de management, mais manager mieux et autrement. Les outils doivent s’intégrer dans des processus que le manager doit créer, adapter et/ou suivre afin, en particulier, de contribuer à l’articulation du digital et du face à face, des temps de production et des temps de réflexion (créativité, innovation & résolution de problème). Sixièmement, les comportements inappropriés dans le réel le sont aussi dans le digital Septièmement, le digital impacte les modes de fonctionnement et d’organisation.

On doit accepter cette évolution qui nécessite une mise en cohérence et une articulation entre le travail digital et le travail en face à face.

Pour  François –Xavier Sambron , les institutions gouvernementales et les entreprises  dépensent  beaucoup de temps et d’énergie pour gérer les tâches au quotidien, que ce soit pour les prioriser, les planifier dans le temps. Bien que familier, cet exercice n’en reste pas moins compliqué et  inefficace alors que l’efficacité suppose   de décomposer ses tâches. Dans ce cadre, selon cet auteur nous  avons six impacts du digital qui révolutionnent la fonction de manager  (voir  de l’auteur  “mon entreprise digitale”-2016-  www.omninnov.com/author/fx-sambron/ février 2018

Premièrement, dans al gestion traditionnelle,  le pouvoir du manager résidait principalement dans sa capacité à distribuer ou à conserver de l’information. Cette situation nous est rappelée par le célèbre adage selon lequel « l’information, c’est le pouvoir ! ».Il tire aujourd’hui sa légitimité de sa capacité à créer du lien et à interconnecter les collaborateurs et les services entre eux, et de son aptitude à synthétiser et à faire le tri dans la profusion des informations reçues pour en extraire l’essentiel. Cette méthode est dépassée car  le manager ‘nouvelle génération’ donne la priorité au partage et à la transparence, recherchant  avant tout à responsabiliser et à autonomiser ses collaborateurs en leur ouvrant des portes et en les guidant dans la bonne direction.

En facilitant grandement la circulation de l’information au sein de l’entreprise, le digital est à la fois le principal déclencheur et contributeur de ce qu’on appelle le management collaboratif.

 Deuxièmement,  le manager se doit d’être -d’abord un développeur d’intelligence collective, un leader, un facilitateur,   grâce à  l’information est maintenant largement partagée, n’étant  plus celui qui sait mais celui qui tire son équipe.

Il est l’animateur d’une équipe qui cherche à remplir ses objectifs en profitant au maximum des ressources de l’entreprise,  mettant  en interaction les différentes compétences pour créer de la valeur Troisièmement, l’autorité verticale basée sur l’organisation hiérarchique de l’entreprise et le statut des collaborateurs laisse progressivement place à une autorité horizontale basée sur le savoir, la compétence et la réputation de chacun. De fait, l’entreprise est désormais régie par deux formes d’autorité qui agissent en parallèle, l’une relevant des processus et des priorités définies par la direction, l’autre traduisant la compétence de chaque collaborateur. Dans ce contexte, le manager doit reconstruire son pouvoir à l’horizontale aussi bien pour communiquer que pour identifier les compétences, les valoriser et les organiser et contrairement au passé, son leadership ne s’exprime plus verticalement mais horizontalement.

Quatrièmement, grâce à la révolution numérique, le manager dispose aujourd’hui d’une grande variété d’outils lui permettant d’adresser le bon message au bon moment au bon collaborateur. Que ce soit via la messagerie (instantanée ou non), les réseaux sociaux, les plateformes collaboratives, l’envoi de SMS, etc, De plus, les capacités multimédia de ces différents moyens de communication (audio, vidéo, animation,…)  facilitent le dialogue et encourage le Feedback des collaborateurs.

Cinquièmement, pour l’efficacité de  l’organisation, les nouveaux outils comme les applications collaboratives, les solutions de gestion de projet, les workflows métiers ou administratifs, etc, permettent de fixer et de partager les priorités et objectifs, et d’assurer la planification détaillée des tâches à accomplir comme du suivi de l’avancement de ces dernières. Au niveau du suivi de l’activité, le digital fournit habituellement de nombreux éléments de mesure utiles à son évaluation comme au repérage de ses dysfonctionnements.

La mise en place d’indicateurs quantifiables (productivité, coûts, qualité, délais,…) permet de monitorer l’activité au fil de l’eau et d’engager rapidement des actions correctives en cas d’écarts. Grâce à cette supervision en continu, le manager est désormais en capacité de piloter finement son équipe comme chacun de ses membres, et d’assurer le suivi du cap fixé.

Sixièmement,  sur le plan technologique, la transformation digitale de l’entreprise s’opère avant tout sur le plan de la ressource humaine pilier du management rendant   nécessaire d’accompagner l’ensemble des collaborateurs dans une transition dont ils seront les principaux acteurs. Dans ce contexte, le manager occupe le 1er rôle pour engager son équipe dans ce projet d’envergure et encourager chaque collaborateur à y prendre toute sa place devant  expliquer le bien-fondé de ces changements, rassurer les collaborateurs sur leur avenir et valoriser le rôle de chacun dans cette mutation.

En résumé, le chiffre d’affaires seulement de Google  a été d’environ 30 milliards de dollars en 2017. Politiques, entrepreneurs, chercheurs, simples citoyens, nous vivons tous aujourd’hui dans une société de la communication électronique, plurielle et immédiate qui nous contraint à prendre des décisions en temps réel.

La maîtrise du temps étant le défi principal du siècle, en ce XXIe,  toute inadaptation à ces mutations isolerait encore plus le pays L’Algérie a besoin d’une stratégie d’adaptation face aux nouvelles mutations mondiales et énergétiques avec l’avènement de la quatrième révolution économique qui se fondera  sur le numérique, les nouvelles technologiques, les industries écologiques avec un Mix énergétique entre  2020/2030/2040. C’est une question de sécurité nationale.

Par le Professeur des  universités et expert international : le Docteur Abderrahmane MEBTOUL