Après plus de dix jours d’un silence aussi pesant qu’intrigant, le ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui est finalement sorti, ce dimanche, de sa tanière. Il est allé à Blida, visité l’hôpital de Boufarik où sont admis la majorité des malades atteints de choléra, et s’est permis une communication qui laisse pantois les plus avisés des observateurs.

Si Mokhtar Hansbellaoui a tenté de rassurer en estimant que l’épidémie de choléra va être endiguée dans les trois jours à venir, il n’a rien dit sur l’essentiel. Le professeur spécialiste en ORL, n’a pas expliqué l’absence des responsables politiques durant cette semaine où les Algériens ont surtout pensé à leur ventre qu’à leur avenir. Il n’a pas dit comment dans la « puissance régionale » ; les hommes et femmes continuent de mourir de maladies primitives. Et comme il est de coutume ces derniers temps, le membre du gouvernement a réduit toute l’actualité à la seule personne du Chef de l’Etat qui lui « demande chaque matin » comment va « la santé des Algériens ». En Algérie, nous sommes toujours à l’ère des « inchallah » qui est utilisé à tort et  travers pour ne pas donner une explication rationnelle à un problème menaçant la vie de toute une population.

La gestion chaotique de la crise du choléra n’est pas le seul dossier dans lequel Mokhtar Hasbellaoui a échoué. Très estimé comme professeur en ORL, le ministre de la Santé a notamment été incapable de gérer la crise des médecins résidents. Il s’est illustré par une absence quasi-systématique de la scène publique durant plusieurs mois. Et lorsqu’il donne des signes de vie, il finit par admettre que le dossier le « dépassait ». Et c’est visiblement vrai, puisque le dossier des médecins résidents n’est toujours pas réglé malgré le début d’une nouvelle année universitaire.

Puis, durant sa présence à la tête du ministère de la Santé, le secteur a connu d’énormes scandales. C’est le cas du décès de parturientes dans des services de maternité ou encore le récente scandale lié à l’utilisation, par les services de la morgue de l’hôpital d’Oran, d’un carton comme cercueil pour un bébé mort. Des images qui illustrent que le secteur de la santé dans notre pays est beaucoup plus malade qu’on l’imagine.