Le chantier du nouveau aéroport international d’Oran continue de faire l’objet d’une très vive controverse en raison de la gestion très sombre de plusieurs de ses marchés stratégiques et…. onéreux. Une gestion peu transparente et suspecte dont se rend coupable  Abdelkader Kessal, directeur-général de l’Etablissement de Gestion des Services Aéroportuaires (l’EGSA) d’Oran, a constaté Algérie Part au cours de ses investigations.  
Après avoir révélé les manœuvres indélicates du patron de l’EGSA d’Oran pour exclure SMITHS HEIMANN, une puissante multinationale basée à Londres et considérée comme une référence mondiale dans le secteur de l’application, la gestion et la production de technologies de détection et de criblage, d’un marché évalué à prés de 4 millions d’euros et portant sur l’appel d’offres national et international ouvert pour équiper le futur nouvel aéroport d’Oran par des équipements sûreté, à savoir des scanners aéroportuaires, Algérie Part a découvert de nouvelles « tactiques immorales » à travers lesquelles l’EGSA d’Oran tente d’attribuer ce marché important à un autre fournisseur qui ne dispose nullement des qualifications nécessaires et requises pour équiper le nouvel aéroport international d’Oran avec des équipements de sécurité aussi sensibles. En plus, comme il a été démontré par Algérie Part dans sa précédente enquête, ce deuxième fournisseur choyé par le patron de l’EGSA d’Oran a proposé une offre financière nettement plus élevée et comportant des montages suspects.
Ainsi, pour écarter le géant mondial Smiths Heimann, l’EGSA d’Oran a publié un avis d’infructuosité pour ne pas attribuer le marché à ce fournisseur qui avait, pourtant, répondu à toutes les exigences de l’appel d’offres tout en faisant valoir ses références mondiales. Face à cette situation étrange et intrigante, les responsables de Smiths Heimann ont saisi officiellement la commission sectorielle du ministère des Transports avec un recours contenant une expertise détaillée. Un recours qui fournit toutes les preuves démontrant le caractère illégal de l’exclusion de ce fabricant international de scanners aéroportuaires du marché géré de manière opaque par l’EGSA d’Oran.
Abderrahmane Boulahlib, président de la commission sectorielle du ministère des Transports a étudié le recours de Smiths Heimann. Selon nos investigation, ce haut responsable au ministère des Transports  a jugé ce recours entièrement fondé conformément à la réglementation nationale régissant l’attribution des marchés publics. Abderrhmane Boulahlib a réclamé, par la suite, des explications à Kessal Abdelakder, le controversé patron de l’EGSA d’Oran. Face à la colère de sa tutelle, ce dernier a préféré s’en laver les mains en accusant les membres de la commission des marchés de l’EGSA d’Oran, à savoir la Commission d’Ouverture des Plis et Evaluations des Offres, que monsieur Abdelkader Kessal responsabilise en premier lieu pour le choix de l’entreprise qui remporte un marché déterminé dans le cadre de la fourniture des équipements à la nouvelle aérogare internationale d’Oran.
Mais il s’avère que monsieur Kessal a menti à sa tutelle, a-t-on découvert au cours de nos investigations. Et pour cause, cette commission n’est pas réellement souveraine et ses membres ont été nommés et cooptés par le patron de l’EGSA d’Oran à l’image du président de la commission d’évaluation des marchés : Samir Berkhissa. Ce dernier occupe la fonction de directeur des finances en dépit de son niveau de… 8 année du cycle moyen. Nous pouvons citer également le vice-président de la même commission, à savoir Nadjib Allah Benchanan qui occupe la fonction de Directeur d’Aéroport alors que ce monsieur n’a jamais obtenu son baccalauréat ! C’est encore et toujours Abdelkader Kessal qui a nommé un directeur commercial, Karim Ghazali, dont les prouesses scolaires se sont arrêtées à la 9e année du cycle moyen.
Pour avantager le concurrent de Smiths Heimann dans cette course pour décrocher le marché consistant à équiper le nouvel aéroport international d’Oran par des scanners de sûreté, Abdelkader Kessel est suspecté d’avoir exercé des pressions sur plusieurs membres de la Commission d’Ouverture des Plis et Evaluations des Offres, des membres qui lui vouent une fidélité sans faille.
Cependant, d’autres membres de cette même commission refusent de plier au diktat de Kessal et s’opposent à l’exclusion de Smiths Heimann. Face à cette résistance, Abdelkader Kessal fait le forcing pour annoncer un avis d’infructuosité qui ne permettra pas à Smiths Heimann de remporter le marché en dépit de tous les atouts de son dossier. Son concurrent direct, Visiom n’est qu’un revendeur alors que Smiths Heimann est un fabricant reconnu mondialement. Il était donc le mieux placé pour remporter directement ce marché de 26 scanners si on se réfère aux dispositions du code des marchés publics en Algérie.
A la surprise générale, le patron de l’EGSA d’Oran et ses alliés au sein de la commission la Commission d’Ouverture des Plis et Evaluations des Offres, ont affirmé que Smiths Heimann n’a présenté aucun document prouvant sa qualité de fabricant de scanners de sûreté ! Une absurdité qui a été démentie par ce document exclusif obtenu par Algérie Part.
Ce document est un « certificat du fabricant » a été fourni le 10 mai 2018 lors de l’ouverture des plis. Un procès verbal d’ouverture des plis atteste de l’authenticité de de ce dossier et plusieurs membres de la commission d’ouverture des plis ont contrôlé ce document qui a été certifié par la chambre de commerce française et le consulat d’Algérie à Créteil dans la région parisienne.
Ce document a été bel et bien vu et aperçu par Abdelkader Kessel, le patron de l’EGSA d’Oran. Mais ce dernier a poussé l’outrecuidance jusqu’à mentir à Abderrahmane Boulahlib, le président de la commission sectorielle. Pour couvrir ses agissement suspects, Abdelkader Kessel a fourni uniquement au ministère des Transports un dossier contenant une copie du registre de commerce étranger de Smiths Heimann et des statuts de la société. En homme avisé, Abderrahmane Boulahlib a senti la supercherie en exigeant au directeur général de l’EGSA d’Oran le dossier complet de l’offre de la multinationale germano-britannique.
Parti en congé, Abderrahmane Boulahlib est remplacé à la tête de la commission sectorielle du ministère des Transports par un président intérimaire, Mustapha Belarbi. Ce dernier a convoqué Abdelkader Kessal le dimanche 19 aôut dernier. Et lors de cette réunion, le directeur général de l’EGSA d’Oran a justifié les raisons d’infructuosité du marché des scanners de la nouvelle aérogare internationale d’Oran. Pour la deuxième fois, il ne remet pas le dossier entier de Smiths Heimann et cache l’existence de ce « certificat du fabricant », une pièce maîtresse qui scellera définitivement le sort de ce marché des scanners de sûreté que l’EGSA d’Oran refuse d’attribuer à une multinationale réputée et respectée dans le monde entier pour ses prestations de qualité.
Il s’agit là encore une fois d’une tentative de détournement d’un marché public stratégique qui consiste à assurer la sécurité des futurs passagers du nouvel aéroport international d’Oran. Pour protéger leurs intérêts et alliances secrètes avec certains opérateurs ténébreux, des administrateurs algériens sont prêts à sacrifier l’intérêt général qui leur dicte le devoir de ne pas magouiller pour dilapider ou détourner des deniers publics.
Algérie Part poursuit ses investigations dans ce dossier et ne cesser jamais de faire connaître la vérité sur les malversations qui caractérisent la gestion du nouvel aéroport de la deuxième ville du pays.