Depuis son installation, au début des années 2000 comme ministre dans différents gouvernements de Abdelaziz Bouteflika, Chakib Khelil a été présenté comme un « homme des Américains ».

L’homme s’est toujours associé avec des entreprises américaines lors qu’il était à la tête de la Sonatrach. Puis, Khelil, qui réside aux Etats-Unis depuis les années 1970, a toujours défendu des relations privilégiées avec le pays de Donald Trump. A contrario de certains autres responsables algériens qui préfèrent garder des liens politiques et économiques forts avec la France pour des raisons à la fois géographiques et historiques, l’ancien ministre de l’Energie et des Mines ne rate jamais une occasion pour faire le contraire.

Dans une vidéo rendue publique sur sa page Facebook, Chakib Khelil s’en prend, une nouvelle fois, à un symbole de la France : la langue française. Dans une conférence donnée récemment à l’université de M’sila, Chakib Khelil a estimé que la « langue française » est « pratiquée dans les pays qui ont échoué », d’où la nécessité d’apprendre l’Anglais qui est pratiquée dans « tous les pays qui ont réussi ». L’homme répondait à la question d’un étudiant qui lui faisait remarquer qu’il avait une préférence pour la langue de Shakspear.

Dans une intervention faite à Tissemsilt en 2016, l’ancien ministre, qui compte pour être un proche du président Abdelaziz Bouteflika malgré sa mise à l’écart des affaires de l’Etat depuis 2010, avait estimé que «La France manœuvre après avoir perdu ses privilèges en Algérie. Avec des politiques en manque de popularité, elle tente aujourd’hui de détourner l’opinion publique de la crise interne qu’elle vit depuis un moment.» «L’Algérie a beaucoup changé depuis 20 ans. Elle est devenue forte et unie et rien ne peut la déstabiliser dans l’avenir. Nos échanges commerciaux sont diversifiés aujourd’hui. Ils sont plus fructueux avec la Chine qui nous aide et qui nous respecte, ce qui dérange certains lobbys français», avait-il encore asséné.

A sept mois de l’élection présidentielle, une telle sortie ne peut être innocente. Venant d’un homme qui a été pressenti pour être un joker du système en cas d’absence de Abdelaziz Bouteflika lors de l’élection de 2019, cette sortie sonne comme une nouvelle flèche adressée à la France qui a du mal à récupérer sa place de premier partenaire commercial de l’Algérie. Le pays de Macron est en effet déclassé par la Chine. Chakib Khelil rappelle également que, du point de vue stratégique, il reste totalement acquis aux Américains. Et il vient de le confirmer !