Le malaise est énorme au sein de l’entreprise nationale de Transport Maritime de Voyageurs (ENTVM). Les marins et employés de cette entreprise étatique qui dispose de trois navires, et affrète un autre bateau à chaque saison estivale, pour assurer le transport des voyageurs algériens et leurs véhicules entre l’Algérie, la France, l’Espagne et récemment l’Italie grâce à une liaison vers Gênes, ont enclenché un mouvement de protestation pour exprimer haut et fort leur colère. 

Jeudi matin, le navire Tassili II a été bloqué au Port d’Oran et à  Skikda, le personnel du navire El-Djazaïr II a procédé à un débrayage qu duré près de deux heures. A travers cette action de protestation qui a perturbé énormément le trafic maritime, les employés de l’ENTVM ont lancé sévèrement un avertissement à leur direction générale.

 

Comme l’indique cette plateforme de revendications rendue publique par les protestataires, les marins algériens réclament une amélioration de leurs conditions de travail jugées déplorables et une augmentation conséquente de plusieurs de leurs primes comme la prime de nuisance ou l’allocation en devises. Les marins algériens dénoncent également plusieurs pratiques occultes de mauvaise gestion qui plombent le développement de leur entreprise à l’image de la mauvaise qualité des vivres et de l’habillement.

Ces anomalies suscitent effectivement de nombreuses interrogations sur le mode de gestion de cette campagne maritime qui peine à satisfaire la forte demande des Algériens. L’ENTMV vit effectivement au rythme de ses difficultés financières.

La direction générale de l’ENTMV a demandé récemment un “rééchelonnement de sa dette ou la prolongation des délais de remboursement”. La dette de l’entreprise induite par l’acquisition de trois car-ferries en 1995, 2004 et 2005 s’élève à près de 1,7 milliard DA, soit près de 16 millions de dollars.  Le Conseil des participations de l’Etat (CPE) a effectué en 2012 un rééchelonnement de cette dette sur une durée de 8 ans, soit jusqu’à 2020.

L’ENTMV a demandé aussi le renforcement des structures de base de l’entreprise, à travers l’acquisition de nouveaux navires, en tenant compte de la durée de remboursement de la dette, estimant qu’il est normal que toute entreprise de droit algérien activant dans ce domaine stratégique jouisse de l’appui financier de l’Etat pour renforcer sa situation.

Aujourd’hui, l’ENTMV doit faire face à la colère de ses propres marins avant de tenter de convaincre les autorités algériennes de continuer à lui octroyer des avantages et des financements publics.