Lors de son déplacement à Annaba, le tout puissant patron de la Sonatrach a  tenu à répondre aux critiques qu’il a essuyées à cause des changements de l’organisation et de la nomination de quelques cadres à la tête de certaines vice-présidences de la Sonatrach.

«J’entends dire ‘’Ould Kaddour’’ a placé ses hommes (au niveau des postes clés). De quels hommes parle-t-on ? Depuis que je suis rentré à la Sonatrach, je peux vous garantir que tous les postes qui sont occupés, le sont par des gens de Sonatrach», a-t-il justifié avant d’expliquer que ceux-ci sont nommés par décret présidentiel. M. Ould Kaddour a poursuivi en affirmant : «quand je suis venu il y a 16 mois de cela, je ne connaissais aucune personne de Sonatrach. Je travaille pour développer la Sonatrach, donc je travaille avec les gens qu’il y a dans cette entreprise et je ne cherche personne d’autre parce que je pense qu’à Sonatrach, il y a du potentiel. Je n’ai jamais ramené qui que ce soit, je n’ai fait que redonner une valeur ajoutée à toutes les fonctions que nous avons».

Le même responsable est revenu sur la période noire qu’a connue l’entreprise après l’éclatement du scandale de corruption. «Il faut leur donner la possibilité de s’exprimer et de s’affirmer. Il ne faut pas oublier que les dix dernières années ont été dures ; nous avons perdu énormément de personnes et de personnel à cause des histoires de corruption, les gens sont inhibés, ils n’avaient plus le courage de signer quoi que ce soit, même le plus simple bon de commande, car ils avaient peur. Un des éléments importants de ma fonction, c’est de redonner confiance au personnel, de redonner confiance aux gens pour qu’ils puissent faire leur travail dans des conditions normales», a-t-il expliqué.

Pensant à l’avenir de l’entreprise, Ould Kaddour a affirmé que la Sonatrach travaille actuellement à la formation de 200 «top-jeunes» pour prendre en charge le futur de la société.

La concurrence américaine n’est pas un problème

Concernant la concurrence du gaz américain sur le marché européen, le PDG de Sonatrach a dit ne pas être inquiet. «Celui qui a peur, c’est celui qui ne s’est pas préparé pour le futur. Moi je n’ai pas peur, je sais ce que nous pouvons faire et on est déjà en train de le faire. Nous avons déjà le contrat de 9 ans que nous avons signé avec les espagnols. 9 milliard de m3/an, soit le quart de notre production annuelle. Sans oublier le contrat d’ENI pour l’achat de 3 milliards de m3 de gaz algérien. De plus, si une ligne de transfert entre l’Espagne et la France est créée, comme l’a indiqué récemment Emmanuelle Macron, ça sera un bonus pour nous. On a donc intérêt d’augmenter notre capacité de transfert à travers le gazoduc nous reliant à l’Espagne», a-t-il révélé.

Par Mustapha Bendjama