C’est l’histoire d’une famille algéroise dont la vie est rythmée par un véritable combat mené depuis 1981 pour régulariser une assiette foncière de 20100 M2 qui lui revient de droit. Une famille qui a connu les pires abysses de la bureaucratie algérienne. Une famille qui a fait face aux plus incroyables incohérences de l’administration de la wilaya d’Alger. Une famille qui veut juste exploiter son terrain pour lancer une activité économique qui créé des emplois et des richesses. 

Cette famille s’appelle Belkadi dont le père fondateur est Mohamed Belkadi, l’un des entrepreneurs et bâtisseurs les plus réputés et connus à Alger. Acteur incontournable dans le BTP depuis 1966, Mohamed Belkadi est derrière la réalisation de plusieurs infrastructures à Alger à l’image de l’université des sciences islamiques et économiques de Kharouba, à Hussein Dey, Alger, l’hôpital de Ben-Aknoun ou la route de Dellys. En 1971, cet entrepreneur très actif a obtenu l’affectation d’un terrain de 20100 M2 à la sortie de Bab Ezzouar pour implanter le siège de son entreprise la CBTP en réalisant des travaux de remblais car le terrain était marécageux et nécessitait une viabilisation et des constructions.

En 1981, un différend a surgi entre les deux associés propriétaires de la CBTP et une nouvelle société a été créée au nom de ALBAT. Celle-ci hérite de 50 % de ce terrain situé à Bab Ezzouar. Depuis août 1985, ALBAT réclame à l’APC de Bab Ezzouar de régulariser cette acquisition à travers plusieurs demandes administratives dûment remplies et appuyées par des pièces en bonne et due forme. Malheureusement, l’APC s’oppose pour des raisons mystérieuses et plusieurs procès de justice ont été tenus pour trancher sur cette affaire. Le 05/05/1990 la Cour Suprême a débouté l’APC de Bab Ezzouar en confirmant l’occupation de ce terrain par la société ALBAT. Celle-ci profite de cette victoire pour développer sur sa parcelle plusieurs activités commerciales.

Mais le 8 avril 1998, le père et entrepreneur Mohamed Belkadi est décédé. Les héritiers relancent la procédure d’acquisition en saisissant à maintes reprises le directeur national des domaines comme le démontrent les documents en notre possession. Durant plusieurs années, ce dossier fera l’objet d’un incroyable imbroglio administratif. Le dossier traîne d’une administration à une autre. De l’Inspection des domaines de Dar El Beida jusqu’à la Daïra en passant par les services de l’APC de Bab Ezzouar, le dossier a transité par tous les tiroirs. Saisi par une correspondance officielle, le Wali délégué de Dar El Beida se mure dans un silence étrange et intrigant.

Une inédite situation de blocage survient ainsi et la famille Belkadi ne pourra plus jamais développer le moindre projet pour créer des emplois. En dépit de toutes les enquêtes menées par les services d’urbanisme de la circonscription de Dar El Beida, ce dossier ne sera jamais débloqué. Pis encore, en dépit de toutes les pièces justificatives et le dossier en béton dont dispose la famille Belkadi, les autorités locales de la wilaya d’Alger procèdent arbitrairement le 14/03/2017 à la démolition de tout ce qui a été bâti sur ce terrain privé sans la moindre mise en demeure !

Une violation flagrante des droits élémentaires de cette famille algérienne. Interpellé officiellement, le Wali d’Alger n’a jamais réagi face à cette injustice caractérisée. Aujourd’hui, la famille Belkadi a été dépossédée de son terrain qui lui appartient en toute légitimité. Il a été réquisitionné au profit d’une entreprise publique qui en a fait une aire de stationnement. Une astuce pour faciliter par la suite le détournement de cette assiette foncière ? La question se pose en toute légitimité.

Décidément, les 21 mille M2 situés en plein coeur de Bab Ezzouar ont attisé toutes les convoitises. Algérie Part poursuit ses investigations et reviendra prochainement sur ce sujet avec de nouvelles révélations.