Un mois et demi après le limogeage du commandant de la Gendarmerie, Menad Nouba, de deux hauts responsables du ministère de la Défense nationale, la Présidence de la République vient de mettre fin à deux chefs de régions militaires. Habib Chentouf, chef de la première région (Blida) et Saïd Bey, chef de la deuxième région militaire (Oran).

Cela fait, en effet, des semaines que le nom de Habib  Chentouf circule dans les rédactions algéroises. Le général-Major qui préside aux destinées de la Première région militaire depuis une dizaine d’années, et natif de Mascara, jouit d’une longue carrière bien remplie. Mais plusieurs sources concordantes annonçaient qu’un conflit ouvert l’opposait au Chef d’Etat-Major, Ahmed Gaïd Salah. Les divergences de vue et les ambitions de l’un comme de l’autre n’étaient plus conciliables.

Si le limogeage de Habib Chentouf était déjà dans l’air depuis quelques semaines, le remplacement de Saïd Bey, comme chef de la deuxième région militaire, a de quoi étonner. Ce chef région âgé de 73 ans donnait, pourtant, récemment l’impression d’être un proche du chef d’Etat-Major de l’ANP qui lui a rendu visite à plusieurs reprises ces derniers temps. La proximité entre les deux hommes a même donné des pistes de lectures à certains analystes qui voient en le natif de Draâ Ben-Khedda comme successeur potentiel de Ahmed-Gaïd Salah à la tête de l’Etat-Major de l’ANP.

Cette mise à l’écart est-elle liée à l’affaire « El-Bouchi » ? Difficile à dire, même si les 701 Kg de cocaïne ont été saisies à Oran. Les militaires des forces navales qui ont arraisonné le bateau étaient donc sous le commandement de Saïd Bey.

Des sources indiquent que le désormais ancien chef de la deuxième région militaire va être probablement promu comme chef de la Garde Républicaine en remplacement du général Benali Benali, malade. Mais le nom de Menad Nouba, ancien commandant de la gendarmerie nationale, a été également cité pour occuper ce poste. Rappelons que Saïd Bey est un haut gradé qui a côtoyé le défunt général Mohamed Lamari, l’homme fort de l’ANP à la fin des années 90 et début des années 2000, ainsi que le puissant général Toufik, l’ex-patron du DRS.

Ce nouveau remue-ménage au sein de l’institution militaire fait suite à d’autres changements intervenus dans des institutions civiles et paramilitaires. Il sera suivi, très probablement, d’un mouvement dans le corps des walis. Et cela peut également annoncer un remaniement gouvernemental à la rentrée. Un dispositif sera donc mis en place en prévision de l’élection présidentielle de 2019.