Le rapport mondial sur les IDE (Unctad, 2016) indique que les flux des IDE ont augmenté de 38 % en 2015, pour atteindre 1762 Milliards USD par rapport à 2014. Cette augmentation, la première depuis la crise financière 2008/2009, est due essentiellement à une forte augmentation des fusions acquisitions transfrontalières.
En revanche, la part de l’Afrique des flux des IDE a diminué pour la même année de 7% (moins de 54 Milliards USD). La raison de cette baisse est imputée à la crise pétrolière qui sévit depuis 2014. Mais le rapport, estime qu’un retour à la hausse dans la région
peut se faire, en 2016, à cause de l’adoption des mesures plus libérales et les opérations de privatisation planifiées des entreprises publiques. Le rapport recense, en 2015, 85% des mesures prises en faveur des IDE.
Lorsque de nouvelles restrictions ou règlements d’investissement ont été introduites, elles reflètent, principalement, les préoccupations au sujet de la propriété étrangère dans les industries stratégiques. En 2011, au moins 44 pays ont adopté 67 mesures politiques relatives à l’investissement étranger. Ces mesures ont touché deux domaines
d’action :  un ajustement des politiques d’entrée à l’égard desentrées d’IDE
et les politiques réglementaires qui visaient particulièrement les industries extractives.
Dans les deux zones, les changements ont été en parties motivés par des considérations de
politique industrielle. L’Algérie, comme les autres pays méditerranéens, ont attiré peu
d’IDE. En 2014, les flux entrants d’IDE ont diminué de 44,1% (après
avoir régressé de 12,8% en 2013), passant de 2,7 Milliards USD à 1,5 Milliards USD (Cnuced, 2015). A titre de comparaison les flux d’IDE dans la région Afrique du Nor
d ont baissé de 8,4% en 2014 (après avoir baissé de 19,3% en 2013). Deux raisons peuvent être avancées pour expliquer ce phénomène.
La première, est que ces pays ont défié l’investissement direct étranger (IDE) et ont longtemps favorisé des stratégies de substitution aux importations (Maroc, Turquie) ou des industries industrialisantes (Algérie) qui a conduit à une faible intégration internationale. La seconde est qu’ils ont longtemps souffert d’une faiblesse de la productivité des facteurs, l’instabilité institutionnelle,  politique et macroéconomique. Une étude a montré

que l’investissement direct étranger est moins sensible au taux marginal effectif d’imposition des sociétés dans les pays avec un climat d’investissement peu attractif. Cette attractivité a été souvent traitée sous l’angle des atouts/faiblesses des territoires/pays, aboutissant ainsi à l’établissement de scores et autres indicateurs facilitant les comparaisons inter-pays et les appréciations de l’évolution de l’attractivité dans le temps
La faible performance de l’Algérie en termes de flux des IDE peut être
attribuée au manque d’attractivité. Ce travail trouve sa justification pour, au moins, deux raisons :
1. Les tentatives du gouvernement de diversifier les exportations suite à la baisse drastique des revenus pétroliers, depuis 2014, conséquence directe de la chute des prix du pétrole
2. Les tentatives de diversification industrielle dans des secteurs où le gouvernement estime avoir des avantages comparatifs.
La situation de crise, que vit le pays, pourrait être l’occasion d’un renouveau envers les IDE. On s’intéresse dans ce papier à la comparaison de l’Algérie avec d’autres pays en matière d’attractivité.
Dix pays ont été retenus pour être comparés avec l’Algérie, choisis parce qu’ayant des problématiques communes, et répartis dans le monde. Puis, sur la base des travaux de la Cnuced, est construit un «indice contextualité d’attractivité», qui permet d
e repérer, pour chaque pays de l’échantillon, les aspects sur lesquels il est fort ou faible.
Le papier est organisé comme suit. Dans la prochaine section nous présentons une revue de littérature succincte relative aux IDE. La deuxième section sera consacrée à l’étude de l’état des IDE en Algérie. La troisième section traitera la question de l’indice contextualisé
d’attractivité et la discussion des résultats.
Peu d’études ont étudié la relation entre l’attractivité et les IDE en Algérie. L’étude de Midouni et Zairi (Midouni et Zairi, 2015) a montré que le risque politique n’a pas d’effets significatifs sur l’attractivité. En revanche, les facteurs économiques et financiers jouent un rôle important. Les deux auteurs, dans un autre article, (Midouni et Zairi, 2014a) ont testé la relation entre le risque politique et les IDE en Algérie. Leur étude a révélé l’existence d’une relation négative entre le risque politique et les flux d’IDE et une relation positive entre le risque financier et les IDE.
Les deux études n’ont pas explicité les causes de l’absence du risque politique dans les déterminants de l’attractivité de l’Algérie. On peut considérer que ces résultats sont relatifs à la nature des IDE en Algérie. La plupart des flux des IDE entrants se dirigent vers le secteur des hydrocarbures. Un secteur hautement capitalistique dont l’installation ne demande pas des pré-requis relatifs aux fondamentaux du climat d’affaires. Son
éloignement des centres urbains et la faible relation avec le tissu industriel local pèsent favorablement sur la minimisation de l’impact du risque politique sur les IDE. Ces deux études ont été appuyées par une autre, pour les mêmes auteurs, (Midouni et Zairi, 2014b)
aboutissant aux mêmes résultats sur la primauté du risque financier sur le risque politique concernant les flux des IDE entrants en Algérie.
Par  Khaled MENNA et Samer MEHIBEL, deux chercheurs au centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread)