Ces jours-ci, le colonel Mustapha Lahbiri, le nouveau patron de la DGSN, est un soldat solitaire qui se bat durement contre plusieurs “interventions” visant à l’empêcher de limoger certains commissaires divisionnaires de la DGSN. Explications. 

Algérie Part a appris, effectivement, auprès de plusieurs sources concordantes, que les récentes mesures adoptées par Mustapha Lahbiri ont dérangé plusieurs cercles influents et lobbys habitués au traitement de faveur dont ils jouissent auprès de leurs amis hauts placés au sein des différents appareils de la DGSN.

Preuve en est, la machine des « interventions » s’est rapidement mise en branle ces derniers jours pour tenter de ralentir Mustapha Lahbiri dans sa volonté de poursuivre l’assainissement des rangs de la DGSN. Le cas le plus éloquent est certainement celui du limogeage du chef de la police judiciaire de l’aéroport Houari Boumediene, Hichem Benali. Ce dernier est connu pour être le bras droit de l’ancien chef de la police de l’aéroport d’Alger, le commissaire divisionnaire Lahcen Hassaine.

Selon nos investigations, un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur et un vice-président de l’APN sont intervenus auprès du patron de la DGSN, violant ainsi ses prérogatives, pour exercer un fort lobbying dans le but de réhabiliter Hichem Benali. Ce personnage est présenté comme l’ami de plusieurs enfants de hauts responsables politiques et de businessmans influents.

Pour preuve, 3 ans plutôt, Hichem Benali avait déjà été démis de ses fonctions et sanctionné par une mutation à l’école de police de Sétif à la suite d’un gros scandale à l’aéroport d’Alger où le concerné a révélé un secret professionnel lors d’une conversation téléphonique enregistrée.

Six semaines plus tard, cette décision fût annulée suite à l’intervention d’un promoteur immobilier qui faisait valoir son amitié avec le fils de l’ancien patron de la DGSN, Abdelghani Hamel. C’est ainsi que le tout puissant chef de la Police judiciaire de l’aéroport d’Alger retrouva son poste et semblait être indéboulonnable tellement il rendait service aux cercles influents grâce auxquels il s’était maintenu jusque-là dans ses fonctions.

Et l’histoire semble se répéter puisque le 05 août dernier, Mustapha Lahbiri avait décidé d’opérer un changement à la tête de la Police Judiciaire de l’aéroport d’Alger. Il s’agissait d’une fin de mission très ordinaire mais c’était sans compter sur les interventions acharnées de certaines personnes influentes qui usaient de leur proximité avec le patron de la PJ de l’aéroport pour passer l’ensemble des contrôles au niveau de l’aéroport sans même pas être fouillées ni inquiétées. Malheureusement, pour ces personnes, ces faveurs risquent de disparaître tout simplement au cas où ils n’arriveraient pas à dissuader Mustapha Lahbiri de changer d’avis.

Par ailleurs, l’on apprend aussi que suite à plusieurs informations concordantes concernant un changement imminent des 13 chefs de sûreté de daïras dans la wilaya d’Alger, beaucoup de personnes bien placées dans le sérail tentent d’influencer Mustapha Lahbiri de maintenir leurs amis en poste en réduisant les départs à 2 ou 3 chef de sûreté de daïra qui n’ont pas, malheureusement pour eux, de relais dans le monde politique et des affaires.  L’intention de ces lobbyistes est de torpiller ce mouvement dans les rangs des chefs de sûreté au niveau des daïras de la wilaya d’Alger.

On citera notamment le cas de Zoubir Rahbi, le chef de sûreté de la daïra de Chéraga, lieu de résidence du gratin d’Alger. Cette nomenklatura désire voir Zoubir Rahbi garder son poste ou de se retrouver à la tête d’une autre sûreté de Daïra sans qu’il ne soit sanctionné pour de quelconques fautes professionnelles. Très proche de Noureddine Berrachedi, ancien chef de la Sûreté de wilaya d’Alger, Zoubir Rahbi est effectivement dans le collimateur du patron de la DGSN qui souhaite reconfigurer entièrement l’organisation de la DGSN au niveau de la capitale Alger en axant sur la promotion de nouvelles compétences et de commissaires qui ont fait leurs preuves dans les régions intérieures du pays où les conditions de travail sont nettement plus compliquées et difficiles.

L’objectif de Mustapha Lahbiri est d’en finir également avec les conflits d’intérêt au sein de l’institution policière qui a longtemps souffert de l’influence des lobbys politiques et affairistes. Plusieurs sources bien informées ont assuré à Algérie Part que Mustapha Lahbiri est déterminé à poursuivre sa mission en dépit de toutes ces pressions et tentatives de déstabilisation.

“Mustapha Lahbiri était déjà officier de la glorieuse ALN quand le meilleur de ces pseudos cadres parachutés n’était même pas né ! Il n’est pas du genre à se laisser intimider ou dicter sa ligne de conduite par quiconque…sauf par le Président de la République qui lui a, d’ailleurs, donné les pleins pouvoirs pour redorer le blason de la police algérienne”, signe et persiste enfin une source très proche de ce dossier.