Annoncé il y a près de deux ans par l’ex-chef du gouvernement, Abdelmalek Sellal, lors de sa dernière visite de travail et d’inspection à Annaba, le projet des «Terrasses du port» est aujourd’hui au point mort. Le wali Mohamed Salamani est revenu, lors d’une conférence de presse tenue au siège de la wilaya, sur ce projet.

«Le projet des Terrasses du port n’a pas été abandonné. Il a juste été gelé, mais nous allons bientôt le relancer», a déclaré le chef de l’exécutif local. Même son de cloche, ce dernier jeudi, lors de la visite de travail et d’inspection du ministre du Transport et des travaux publics, Abdelghani Zaalane. Mais les deux responsables n’ont, cependant, pas précisé les raisons de ce gel. Il est de notoriété publique que tous les projets non-lancés lorsque la crise financière a frappé le pays ont été gelés. Mais les Terrasses du port ne font pas parti des projets gelés pour cause d’austérité.

Le projet a même été lancé après les restrictions économiques et la politique de rationalisation des dépenses instaurée par l’Etat. Alors pourquoi le projet est-il bloqué ? Si le bureau d’études techniques choisi officiellement pour réaliser l’étude des terrasses du Port, n’est autre que le fameux italien Fabris & Partners, ayant à son actif l’étude et le suivi des travaux de réalisation de l’hôtel Sheraton Annaba, c’est le chef du bureau d’étude SETO, propriété du député Baha Eddine Tliba, qui s’est occupé de tout. Laissant à l’époque penser que c’est le richissime député qui venait de remporter un énième marché public à Annaba. Mais depuis, les choses ont bien changé.

Le député est tombé en disgrâce et n’a plus les bonnes faveurs des autorités centrales et encore moins des autorités locales. C’est à ce moment que les choses ont commencé à bloquer. Les travaux de préparation du terrain devant abriter les fameuses Terrasses du port, avaient été lancés du temps de l’ex-wali, Youcef Cherfa (qui fut promis ministre de l’habitat avant de disparaitre avec Abdelmadjid Tebboune) ; la destruction des hangars qui étaient implantés sur le site, a été brutalement stoppée, il y a près d’une année.

Depuis, ces hangars à moitié détruits, rappelant les scènes de raids aériens en Syrie, défigurent la vitrine d’Annaba (le Cours de la Révolution). Difficile de ne pas faire le lien entre un projet en souffrance qui fut piloté (de près ou de loin) par Tliba et les problèmes que rencontre ce dernier avec les autorités locales et centrales. Des déchirements internes qui ne sont pas sans rappeler le fameux tramway d’Annaba ; un projet bloqué tellement depuis longtemps à cause de futilités qu’il a fini par être gelé par les autorités centrales et il sera peut-être tout simplement annulé en cette période de vaches maigres.

Pour revenir aux Terrasses du Port, c’est un shopping center qui devait être réalisé sur une superficie de plus de 9.000 m2. Le projet, dont le maître d’ouvrage n’est autre que la société d’investissements hôteliers (SIH), devait aboutir 12 mois après le lancement des travaux. Par ailleurs, le directeur du port a affirmé qu’en raison de l’existence d’un festival international du film à Annaba (le Festival d’Annaba du Film Méditerranéen), l’EPA a prévu d’inclure une sorte de cinéplex avec 6 petites salles de cinéma pour enchanter le public annabi qui a récemment et grâce au festival renoué avec le monde du cinéma et des salles obscures.

Le panneau distinctif d’identification du projet, avait été affiché sur la clôture métallique qui entoure le quai, et il indique toutes les informations, ou presque. Si le nom de l’entreprise chinoise retenue pour la réalisation dudit projet, à savoir CSCEC, ainsi que ceux du maître d’ouvrage et du bureau d’étude avaient été affichés, aucune date buttoir pour la remise du projet n’avait été inscrite sur le panneau en question. Le coût du projet, qui devait être financé sur les fonds propres de l’entreprise portuaire d’Annaba, n’a par ailleurs pas été communiqué non plus. Les Terrasses du port connaîtront-t-elle le même sort que le tramway d’Annaba ou bien seront-elles, comme M. Salamani l’a promis, «relancées très prochainement» ?

Bendjama Mustapha