Lancer une compagnie aérienne privée pour désengorger le ciel algérien et démocratiser le transport aérien. C’est un enjeu majeur en Algérie et un projet qui fait saliver de nombreux milliardaires et hommes d’affaires algériens qui rêvent de prendre leur part du succulent marché aérien notamment les lignes intérieures qui demeurent très mal desservies par Air Algérie et Tassili Airlines.

La demande est forte et le marché est vierge. C’est un fait que le patron de l’ETRHB, le deuxième groupe privé algérien, Ali Haddad, connaît parfaitement. Le patron des patrons algériens, président du FCE, a entrepris ainsi des démarches pour lancer une compagnie aérienne à bas prix, low cost. Et pour ce faire, il est entré en négociation avec la célèbre Ryanair, a-t-on appris suite à nos investigations.

La compagnie aérienne à bas prix irlandaise fondée en 1984 est l’un des leaders du marché mondial du low cost. L’homme d’affaires algérien a entamé les négociations fin 2017 jusqu’au début 2018 avec Ryanair dans le but de se lancer officiellement en Algérie. Le but était d’affréter les avions et les équipages de la compagnie Ryanair pour proposer assurer des vols en Algérie notamment vers les villes de l’intérieur du pays où Air Algérie et Tassili Airlines peinent à satisfaire la demande nationale.

Mais pour rendre ce projet possible, il fallait que le gouvernement ouvre le transport aérien aux opérateurs privés. Une option qui, malheureusement, a été rejetée par la Présidence de la République. Seul le fret aérien, à savoir le transport de marchandises, a été finalement autorisé pour les opérateurs privés nationaux. En dépit des discussions très avancées avec Ryanair, le projet d’Ali Haddad a été fortement ralenti. Mais le montage de ce projet n’est pas totalement compromis car si le patron des patrons algériens réussit à convaincre les autorités publiques d’autoriser Air Algérie de lancer sa propre compagnie Low Cost à l’image d’Air France avec Transavia, il pourra enfin concrétiser un projet de partenariat avec la compagnie nationale en lui proposant de sous-traiter ce service à bas prix au profit de son partenaire Ryanair.

Pour l’heure, rien d’officiel n’a filtré sur ce projet qui n’a pas encore dépassé l’étape de l’étude de faisabilité. Il n’en demeure pas moins que ce projet est très ambitieux et risque de modifier complètement le paysage du transport aérien dans notre pays. Un secteur qui suscite la frustration des Algériens en raison de la cherté excessive des billets d’avion.

Rappelons en dernier qu’Air Algérie domine outrageusement le marché aérien national en assurant 65% des départs intérieurs et extérieurs. Air Algérie détient aussi 54% des sièges enregistrés vers la France. Notre pays est connecté  à 28 marchés aériens, selon une étude réalisée en septembre 2016 par le cabinet britannique OAG Air Travel Intelligence.