Le système de santé algérien souffre de plusieurs anomalies et dysfonctionnements qui causent la mort à plusieurs algériens. Algérie Part a répertorié au cours de ses investigations plusieurs déficiences dangereuses qui ont endeuillé des familles entières et menacent encore de plusieurs patients en souffance. 

Ainsi, à titre d’exemple, dans beaucoup de centres hospitaliers, la surveillance des paramètres vitaux n’est pas assurée selon les recommandations en vigueur. Et pourtant,  beaucoup de complications parfois fatales peuvent être évitées avec des gestes simples. La toilette des patients dépendants n’est pas faite convenablement dans beaucoup de cas.

Tout récemment, une jeune patiente mourante dans un service d’un grand CHU d’Alger a été transférée par sa famille dans un centre spécialisée de transplantation hépatique à l’étranger. Le médecin assurant le transfert a constaté que la patiente n’était
pas sous surveillance rapprochée. En faisant un examen standard, il a découvert entre
autre une hypoglycémie sévère ! Après son arrivée en Turquie, le médecin l’a rappelé
pour lui manifester son mécontentement car la patiente n’a pas eu sa toilette depuis
plusieurs jours. Elle avait toujours le sang menstruel séché sur elle !

En 2017, un patient est décédé dans une ambulance par manque de matériel de base de réanimation. La bouteille d’oxygène était vide ! Il arrive souvent, que des patients ayant des revenus modestes, n’ayant pas de contacts dans le monde de la santé publique se retrouvent obligés de subir des interventions dans des cliniques privées. Ils sont ainsi amenés à payer eux mêmes ces actes chirurgicaux. Tout cela parce qu’il est extrêmement difficile d’obtenir les rendez vous pour ce genre d’opérations dans nos hôpitaux publics.

La pénurie des médicaments et des dispositifs médicaux est l’autre anomalie qui met en danger la vie de nos compatriotes. A titre d’exemple, le tube valvé pulmonaire
est attendu par plusieurs dizaines de patients répartis dans plusieurs hôpitaux. Deux bons de commande urgents ont été remis par un opérateur privé à la direction de la Pharmacie au ministère de la Santé en date du 04/07/2018. Le ministère de la santé a promis de réagir vite pour débloquer la situation. Malheureusement, rien n’a été fait et les patients sont toujours livrés à eux-mêmes.

La pénurie touche beaucoup de dispositifs médicaux comme : les stents coronaires, les packs de CEC, les prothèses vasculaires et les implants oculaires. Ce manque est partiellement comblé dans de nombreux cas par une importation dangereuse, et
sauvage. “Il est urgent d’agir pour stopper l’usage de dispositifs médicaux non déclarés
importés dans des valises !”, s’est écrié un opérateur privé dans une correspondance officielle adressée à la direction de la pharmacie du ministère de la Santé.

Le blocage à répétition que subissent les opérateurs agréés, délivrance tardive des programmes prévisionnels d’‘importation (PPI), lourdeur et complexité de la procédure d’enregistrement nommée à tort homologation, espacement des dates de RDV de dépôt des dossiers à l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), pérennisation du
monopole concernant le consommable d’hémodialyse, une attitude dénoncée par plusieurs opérateurs pharmaceutiques nationaux, toutes ces anomalies laissent la porte grande ouverte au commerce informel qui détruit l’économie de notre pays.

Cela représente, en plus,  un danger pour les patients notamment lorsqu’il s’agit d’implants nécessitant une traçabilité sans faille et un suivi clinique très rapproché. Aujourd’hui, nous avons constaté au cours de nos investigations que des valves cardiaques biologiques et des TAVI sont acheminés par cette filière illégale.

A cause de cette situation dangereuse, il y a des patients artéritiques (très souvent diabétiques) avec des ischémies critiques des membres inférieurs qui seront obligés d’être amputés par manque de dispositifs dont les prothèses vasculaires.

Par ailleurs, plusieurs dizaines d’enfants atteints de cardiopathies congénitales complexes sont attente des tubes valvés pulmonaires LABCOR depuis longtemps ! Deux bons de
commande urgents émanant de deux centres conventionnés de chirurgie cardiaque infantile sont toujours dans les tiroirs du ministère de la Santé. Faut-il attendre la mort de ces patients pour espérer une réaction de nos autorités ? C’est un véritable scandale qui doit interpeller les autorités suprêmes de l’Etat car la vie de nombreux algériens est en jeu.