Un malaise social explosif règne en ce moment au sein de 11 aéroports internationaux et nationaux répartis à l’ouest du pays. Il s’agit de plus de 900 travailleurs qui occupent diverses fonctions dans les services des aéroports d’Oran, Tlemcen, Tindouf, Timimoun, Adrar, Ghriss, Béchar,  Tiaret, Mascara, Bordj Badji Mokhtar, El-Bayadh et Mechria.  

Ces travailleurs sont privés de leur convention collective depuis plusieurs mois en raison d’un conflit qui oppose ouvertement le syndicat d’entreprise UGTA des travailleurs à l’Établissements de gestion de services aéroportuaires (EGSA) d’Oran dirigée par le controversé Abdelkader Kessal. 

Selon nos investigations, ce dernier s’oppose à la signature de la convention collective négociée pendant de longues semaines avec le syndicat UGTA de l’entreprise en raison de l’opposition de nombreux travailleurs à sa mauvaise gestion. Et pourtant, cette convention collective est un élément indispensable au bon fonctionnement de l’EGSA d’Oran.

Il faut savoir, en effet, qu’une convention collective est un texte signé par un groupement d’employeurs et une ou plusieurs organisations syndicales de salariés dont l’objet consiste à établir un ensemble de conditions d’emploi et de travail ainsi que de garanties sociales.

A l’EGSA d’Oran, depuis 2016, l’adoption de ce texte cause problème aggravant ainsi l’incompréhension et le manque de confiance qui règne entre la direction générale et les travailleurs. Les représentants de ces derniers remettent en cause de nombreuses décisions d’Abdelkader Kessel notamment le recrutement de 300 travailleurs à l’aéroport d’Oran dont plusieurs personnes retraitées comme un directeur âgé de 62 ans, un ancien cadre de l’entreprise publique Infrafer. Ce retraité touche un salaire dépassant les 90 mille DA par… mois.

Et pour avoir dénoncé ouvertement sur Facebook des pratiques de mauvaise gestion de leur directeur général, deux employés de l’aéroport d’Oran ont été traduits en justice et menacés de prison par Abdelkader Kessal.

En dépit de ce climat malsain, les travailleurs de l’EGSA d’Oran ont négocié durement plusieurs revendications à l’image d’une augmentation de la prime de l’ancienneté ou de transport. Cette dernière a été fixée à 2500 Da au lieu des 3000 Da, réclamée par les travailleurs.

 

Jusqu’à aujourd’hui, aucun accord n’a été concrétisé et ces anomalies interviennent au moment où l’EGSA d’Oran vit une très précaire situation financière qui doit gérer la construction du projet du nouvel aéroport d’Oran, un projet structurant très important pour lequel le gouvernement a alloué une enveloppe avoisinant les 400 millions d’euros.