Depuis 2013, c’est le projet le plus secret en Algérie. A Douéra, à 30 Km de la capitale Alger, sur les vastes terres du domaine du fameux château Holden, la demeure dorée qui avait servi de prison pour le défunt président Ben Bella jusqu’à sa libération par Chadli Benjedid au début des années 1980, un immense  chantier a vu le jour. Il s’agit du futur quartier-général des services secrets algériens : le département de surveillance et de sécurité (DSS) qui a remplacé depuis février 2016 le célèbre D.R.S du général Toufik. 

Avant son départ à la retraite en septembre 2015, le général Toufik pointait chaque matin à Douéra pour surveiller les travaux de ce chantier titanesque qui s’étend sur pas moins de.. 300 hectares. C’est ici que “la ferme” va naître. Dans le jargon des spécialistes algériens du renseignement, “La Ferme” désigne affectueusement le surnom de ce futur quartier-général du D.S.S.  Et “La Ferme” s’inspire tout bonnement de”Langley”, le célèbre quartier général de la CIA aux Etat-Unis. Nous avons appris, en effet, au cours de nos investigations que l’Algérie a calqué le modèle de la CIA pour tenter de le reproduire à Douéra dans l’espoir de bâtir l’un des plus grands centres de renseignement au Monde.

Et pour ce faire, les services algériens ont collaboré activement avec les experts de la CIA avec lesquels les relations sont au beau fixe depuis plusieurs années. Des sous-sols gigantesques et secrets, des immeubles sophistiqués, des bases ultra-modernes et des équipements de dernier cri, l’Algérie a vu grand pour le futur QG de ses services. Le coût total de ce mégaprojet risque d’atteindre les… 1 milliard de dollars. Et pour cause, les technologies les plus novatrices ont été acquises auprès de plusieurs leaders mondiaux. Ainsi, Ericsson, Nokia et Microsoft, à titre d’exemple, ont dépêché à plusieurs reprises leurs experts à Douéra pour installer les réseaux et le matériel le plus sophistiqué.

Par ailleurs, plusieurs pistes d’hélicoptères ont été aménagées et des lieux de vie ont été construits pour permettre aux officiers algériens de s’épanouir dans les meilleures conditions de vie. Selon nos investigations, le futur quartier-général des services secrets algériens sera une véritable ville qui peut accueillir jusqu’à 70 mille employés !

Cette immense ambition traduit la volonté de changer radicalement l’image des services secrets longtemps rattachée aux pratiques les plus sombres et morbides notamment durant la sinistre décennie noire. Ainsi, les services de renseignement vont définitivement s’émanciper des anciennes structures à l’image de la caserne “Antar” ou “Abla” qui inspirent jusqu’à aujourd’hui la terreur aux Algériens.

Ces casernes vont être fermées et leurs personnels seront transférés vers les nouvelles infrastructures de Douéra. C’est une véritable rupture qui permettra, par ailleurs, de récupérer de nombreuses assiettes foncières au coeur de la capitale Alger. D’après nos investigations, rien qu’à Ben-Aknoun, pas moins de 4 bases de l’ancien DRS vont fermer comme, celle d’Antar et de l’Action Médiatique, dégageant ainsi des assiettes de 2000 hectares qui reviendront au domaine de l’Etat de la wilaya d’Alger.

Le “Langley” algérien est donc un tournant majeur dans cette métamorphose sécuritaire et réforme de l’Etat. Pour l’heure, aucune date officielle n’a été encore arrêtée pour l’inauguration définitive du quartier-général du D.S.S. Mais toutes nos sources nous assurent que le chantier devra se terminer au plus tard en 2019. Et la décision finale reviendra au Président de la République, Abdelaziz Bouteflika.