C’est une véritable dégringolade. Depuis 2015, Djezzy, l’opérateur de téléphonie mobile détenue à 51 % par l’Etat algérien à travers le Fonds National d’Investissement (FNI), peine à sortir la tête de l’eau et ses résultats financiers sont toujours dans le rouge. Des mauvais résultats qui relancent les inquiétudes concernant l’avenir de cet opérateur en Algérie. 

Algérie Part a obtenu une copie du bilan qui résume toutes les données financières de VEON, la maison-mère de Djezzy et l’autre actionnaire qui est responsable de tout le management puisque l’Etat algérien n’a pas le droit d’intervenir dans la gouvernance de Djezzy durant une période de 7 ans comme l’imposent les termes du protocole d’accord ayant précédé l’acquisition de 51 % des parts de Djezzy par l’Etat algérien en janvier 2015 pour un prix de 2,643 milliards de dollars.

Et ce bilan révèle des données que la direction générale de Djezzy occulte et passe sous silence pour voiler ses contre-performances. En effet, le rapport de VEON indique clairement que les revenus de Djezzy ont baissé de 8,5 % durant le deuxième trimestre cette année 2018 par rapport à la même période l’année 2017. Le résultat avant intérêts, impôts (taxes), dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations (Ebitda) a enregistré, lui-aussi, une importante baisse qui avoisine les 12 %. Quant au nombre des abonnés, il est resté sans aucune évolution déplorant même une légère diminution de 0,2 %.

Ces résultats sont très décevants car Djezzy a renforcé ses investissements qui ont augmenté de 4,3 % par rapport à la même période en 2017. La santé financière de Djezzy est particulièrement inquiétante au sein du groupe VEON par rapport aux autres filiales qui enregistrement des revenus nettement plus importants. Ainsi, en Russie, Bangladesh, Ukraine ou Pakistan, toutes les filiales de VEON font mieux que Djezzy.

Au Bangladesh, le parc des abonnées de VEON a plus de 4 %. En Ukraine, les revenus de VEON ont dépassé les 11,4 % de taux de croissance. Même en Ouzbékistan, VEON a réalisé un taux de croissance dépassant les 10 % au niveau de ses revenus. Il apparaît clairement que Djezzy tire vers le bas le groupe VEON.

Mais en Algérie, les dirigeants de Djezzy trompent l’opinion publique et propagent des fausses informations pour détourner l’attention des Algériens sur ces vraies contre-performances en bombardant les médias qui leur font allégeance de communiqués prônant « Une remarquable santé financière ». Un mensonge éhonté !