Les chiffres « politiques » livrés cette dernière semaine par l’office national des statistiques, même s’ils nous amusent de prime abord, arrivent, quand même, à nous rendre perplexes.

Florilège de l’invention : Le « printing money » est en mesure de créer de l’emploi en Algérie. Voila une bonne nouvelle pour l’Espagne qui doit s’en inspirer, elle qui, selon le fact-book de la CIA, vient de marquer, grâce à un effort colossal, un recul dans son taux de chômage, passant ainsi de 17.1% en 2017 à 15.9 % en 2018. Mais comment se fait-il que notre pays n’enregistre que 11.1 % de taux de chômage en Avril 2018 avec juste un écart négatif de 1% par rapport au dynamisme de la Turquie (10.1%) tandis qu’il devance en positif, un pays comme l’Espagne, avec un écart de l’ordre de 5.8% ?

 

Faut –il rappeler que ce paradoxe nous rappelle étrangement la légendaire « plaisanterie » de septembre 2016 lorsque le même ONS nous faisait croire qu’on fit mieux que l’Italie (11.7%) et qu’on s’approchait de la France en matière d’inactivité et ce en nous livrant un taux de chômage algérien de l’ordre de 10.5%, alors qu’un pays comme la France, communiquait son taux de 9,9 % dans la même période.

 

Aujourd’hui, certaines succursales médiatiques actionnées pour des buts précis, reviennent à la charge en claironnant, à satiété, pour nous dire que le taux de chômage a chute’ en une année de 0.6 % ( 2017-2018) , c’est-à-dire dans la même proportion de recul mais réalisée par la France en deux années (aujourd’hui 9.2%) … grâce à quoi ? Grâce à la nouvelle orientation économique du « quantitive easing ».

 

En vérité’ le taux de chômage se situe dans les alentours de 16.7%, plaçant l’Algérie avec ses quelques 2,3 millions des sans-emploi, parmi les 30 pays au monde, au taux le plus fort. Notre pays, même s’il a toujours charrié “les spécificités” de l’artificiel (revenir à la présentation de ce même ONS en 2010 qui occultait l’économie (d « Exporting Algeria » quoi ! faire déménager le pays ) , se classe en vérité dans le groupe de la MENA, avec des indicateurs respectifs ( Jordanie 16.5% , Algérie 16.7% , Yémen 27% Libye 30% et Syrie 50%) .

 

Mais comment a-t-on enlevé  les 6.6% (11.1%- 16.7%) ?

 

L’ONS vient de nous informer que la population algérienne qui travaille est de l’ordre de 11.048 millions de personnes … Fabuleux ! Jusqu’ici c’est bien, même si nous avons beaucoup de réserves sur l’étrangéité’ de cette « physionomie » statistique dans un pays où l’informel mord sur 45 % d’activités’, mais prenant momentanément, cette fausseté’ pour acquise. Nous avons appris dans la logique de l‘universel que le taux de chômage se calcule par rapport au nombre de chômeurs qu’on divise sur la population active et qu’on multiplie par 100 … Voila pour l’instructif.

 

Encore même si nous savons que l’ONS est l’établissement ( « polico-mathématiques) le plus archaïque du monde, surtout en matière de procédés de sondage et de calcul, mais acceptons de jouer sur la base de 1,378 millions de chômeurs en Algérie.

 

Allons maintenant à la population active algérienne pour l’explorer (population active veut dire chômeurs+ occupés). Dans cette optique, notons que la notion mondialement acceptée, considère la population active, cette frange de la tranche d’âge allant de la fin de l’école moyenne de 15 ans, jusqu’à la retraire de 60 ans.

 

Donc , à combien s’élève la taille de la population active Algérienne ? Car si on arrive évaluer le nombre, il sera facile d’enlever ceux qui ont une occupation professionnelle, pour avoir, ensuite, une idée nette sur les vrais sans-emploi. Revenant maintenant au profil démographique algérien autrement dit : taux pyramidal de la population algérienne et essayons de chercher la fourchette 15-60 ans . Ici, toutes les références nous ramènent à une structure donnant un pourcentage de 31% comme humanité’ active par rapport à l’ensemble du peuple Algérien.

 

L’autre volet consiste à connaitre la taille démographique et voila l’ONS qui nous informait en janvier 2018 que la population algérienne était de l’ordre de 42.200 000 âmes et Il ya de cela six mois. Donc à quel niveau plaçons-nous le nombre des habitants aujourd’hui (fin juillet 2018) ? Pour un ONS qui aime manipuler pour nous livrer des chiffres de chômage d’Avril 2018, soit 4 mois plus tard.

 

Nous estimons que le nombre d’habitants en Algérie 6 mois après janvier 2018, serait de l’ordre de 42.650 000, car nous avons rajoute’ 450 000 mille personnes ( la moitie’ de 900 000 mille) , le nombre qui vient gonfler la démographie chaque année .

 

Cette proportion est une moyenne tirée de la même statistique de ce même ONS. Si nous considérons que 450 000 personnes gonflent notre population chaque année, avec soustraction des morts, ça sous entend que la structure de 31%, par raisonnement de rajeunissement, pourrait bouger un peu dans la tranche d’âge 15-25 ans. Toutefois, nous n’allons pas exagérer et rajoutons uniquement 1% ,ce qui revient à dire que la population active représente 32 % du peuple algérien, donc de l’ensemble de ces  42 650 000 âmes.

 

La récolte placée dans une résultante normale d’une pareille arithmétique avoisine les 13.648 000 de personnes ayant besoin d’emploi. Le nombre de chômeurs se déplacera logiquement vers 2 millions 270 000 personnes, ce qui fait que le taux de chômage se corrigera dans un taux en poussée ascendante aux alentours de 16.7 %.

 

La conclusion est que nous pouvons toujours arrondir le chiffre à 2.5 millions de chômeurs pour les réserves qu’on avait prises sur le nombre réel des gens qui travaillent en Algérie, ce qui pourrait pousser l’indicateur de l’inexistence de l’emploi au monogramme funeste de 18.3% max .

 

Et c’est là qu’on découvre que nous sommes réellement dans un pays tellement inspire’ en trichant dans les chiffres, mais inapte là changer l’ordinaire … En somme, même le benjamin des écoliers peut admettre la correction…à moins qu’il ne trébuche de rires sur la planche………. à billets. 

Par LARBI ZOUAIMIA