Non, le mégaprojet du port de Cherchell n’est pas compromis. Il a été uniquement retardé suite à une instruction de la Présidence de la République qui avait ordonné la révision de ce projet stratégique à travers une nouvelle étude internationale commandée à un grand cabinet britannico-belge, a-t-on appris suite à nos investigations. 

Au début du mois de juin dernier, une importante délégation du ministère des Transports a été dépêchée à Londres pour rencontrer les experts de ce cabinet qui ont été missionnés pour établir un nouveau diagnostic et une nouvelle étude avant-projet détaillée (APD) pour le compte du gouvernement algérien. A travers cette étude, la Présidence de la République souhaite savoir le coût réel du mégaprojet de Cherchell en quantifiant toutes les dépenses que nécessiteront les travaux de ce port qui disposera de 23 quais d’une capacité annuelle de traitement de 6,5 millions de conteneurs et de 25,7 millions de tonnes de marchandises.

Selon nos sources, la présidence ne veut surtout pas rééditer le scénario catastrophique de l’autoroute est-ouest qui s’est soldé par une addition très salée pour l’Algérie. Un mégaprojet où toutes les dérives et combines suspectes ont été rendues possibles à cause de l’absence des études très détaillées et techniquement poussées sur le coût réel et le déroulement des travaux de l’autoroute est-ouest.

L’étude du cabinet britannico-belge permettra, ainsi, de prévenir les risques de corruption qui apparaissent généralement dans le sillage des mégaprojets d’infrastructures en Algérie.

Plusieurs sources proches de la Présidence de la République ont révélé à Algérie Part que l’enveloppe initiale de 3,3 milliards de dollars prévue pour ce projet est largement exagérée et surdimensionnée. Certes, un premier accord a été signé par deux compagnies chinoises, CSCEC (China State Construction Corporation) et Chec (China Harbour Engineering Company) pour la réalisation de l’infrastructure. Et le projet  sera bel et bien financé dans le cadre d’un crédit chinois à long terme. Ce principe n’est toujours pas remis en cause. Mais les autorités algériennes estiment enfin que ce mégaprojet devra coûter beaucoup moins que 3 milliards de dollars. Il n’est donc pas question de lancer les travaux tant que l’étude approfondie du cabinet britannico-belge n’a pas été encore livrée au gouvernement.