D’une petite action de protestation, les actions visant à interdire les manifestations culturelles, notamment les spectacles de chants, deviennent désormais une mode. D’une expression d’un malaise social, ces actions se transforment, peu à peu, en une arme que n’hésitent pas à utiliser, désormais, les salafistes pour affirmer leur identité idéologique.

En quelques jours, la méthode se propage comme une traînée de poudre. De Sidi Bel-Abbès à Ouargla, en passant par Blida, Tébessa et Oued-Souf ; empêcher les manifestations artistiques est devenue une mode de protestation pour certains et un vrai casse-tête pour les autorités. Si ce mode de protestation s’est dissimulé derrière des problèmes de développement local à Ouargla, des nervis n’ont pas hésité à s’afficher publiquement à Tébessa.

Des salafistes ont fait irruption dans un spectacle de chant et ont arrêté la partie. « Vous n’avez pas honte ! Vous nous ramenez du haram », entend-ton sur une vidéo diffusée par les réseaux sociaux. C’est le retour aux années de feu et de sang. Un remake de l’incident de 1991 lorsque des salafistes, militants du FIS-dissout, avaient réussi à faire annuler le spectacle que devait donner la diva portugaise, Linda De Suza à la salle Atlas d’Alger. Dans la même salle, ils avaient tenté de faire capoter des spectacles que donnaient Lounis Aït-Menguellet durant toute une semaine. La résistance de l’artiste et de ses fans, qui remplissaient la salle chaque soir malgré la menace, ont réussi à avoir le dessus sur les intégristes.

A Sidi-Bel Abbès, une campagne appelant au boycott du festival de la chanson Raï bat son plein. La manifestation artistique est maintenue. Mais tout reste possible. Surtout que les autorités ont déjà annulé une tournée qui devait se dérouler à Ouargla, à cause de la protestation des habitants. Puis, à Oued-Souf, une soirée artistique a été annulée officiellement à cause de la chaleur. Mais il est évident, là aussi, que les autorités avaient peur de la réaction de la population.

Ces comportements risquent de pousser vers l’annulation de toutes les manifestations artistiques. Surtout que les autorités semblent reculer à la première secousse !