A Médéa, le Wali Bouchemma Mohamed, est au coeur d’une vive polémique à la suite de l’annulation dans des conditions troublantes de 3 marchés au montant dépassant les 150 milliards de centimes. Des marchés attribués, par la suite, de gré à gré à trois entreprises privées dont un entrepreneur au passé très sulfureux. Explications. 

La polémique a commencé lorsque ces marchés ont été transférés de l’Office de Promotion et de Gestion Immobilière (l’OPGI) de Médéa à la Direction de l’Urbanisme, de l’Architecture et de la Construction de la wilaya de Médéa. Le Wali Bouchemma Mohamed est soupçonné d’avoir pesé de tout son poids pour opérer son transfert dans le seul but d’attribuer ces marchés suivant la contestable et controversée procédure de gré à gré, à savoir sans aucun appel d’offres public. Comme par hasard, parmi les bénéficiaires de ces marchés de BTP, nous retrouvons un certain Slimane Megateli, un entrepreneur, originaire de la commune d’Ouled Brahim à Médéa, qui avait fait il y a de cela un passage à la prison pour une sombre affaire d’usurpation d’identité dans un projet immobilier.

En 2017, un appel d’offres a été lancé par l’OPGI de Médéa comme le démontre le document que nous vous dévoilons ci-dessous. Mais cette procédure est rapidement annulée en 2018 et c’est la direction de l’urbanisme et de la construction qui reprend les marchés en main pour les attribuer de gré à gré sans aucune transparence comme le démontre également le document que nous publions ci-dessous. Slimane Megateli figurera parmi les trois opérateurs bénéficiaires de ces marchés, a-t-on appris au cours de nos investigations. Il prendra en charge les travaux d’aménagement d’une cité de 1058 logements publics situés à Berrouaghia. Il s’agit d’un marché qui dépasse les 29 milliards de centimes. Le deuxième marché, au montant de 60 milliards de centimes, est revenu à la société SGPM laquelle doit réaliser des routes au niveau du quartier 1617 logements à  Ksar Boukhari. Quant au 3e marché, il a été attribué à la société dite Mahmoud qui doit réaliser de travaux d’aménagement au niveau de la cité 2400 logements situés à la ville Médéa pour une enveloppe budgétaire de 60 milliards de centimes.

Pourquoi annuler l’appel d’offres lancé par l’OPGI et lui enlever ensuite la responsabilité d’attribuer ces marchés ? Le Wali de Médéa a-t-il échafaudé ce plan malicieux pour avantager des entreprises privées proches de ses intérêts personnelles ? Ces questions se posent avec beaucoup d’acuité surtout lorsqu’on sait que dans la wilaya de Médéa, plusieurs projets importants ont été attribués de gré à gré depuis l’arrivée du Bouchemma Mohamed qui était en poste à El-Oued.

Ainsi, l’année dernière, un entrepreneur privé, Mohamed Maatallah, a obtenu le marché de l’aménagement extérieur de l’université de Médéa pour l’équivalent de 200 milliards de centimes. Un marché qui a été attribué naturellement de gré à gré. Ces marchés douteux devraient attirer l’attention des autorités publiques qui doivent se hâter pour réclamer des explications à l’actuel Wali de Médéa.