L’élection présidentielle de 2019 s’approche à grand pas, mais l’incertitude demeure totale en Algérie. Jusqu’à présent, Abdelaziz Bouteflika, le président sortant n’a pas manifesté sa volonté de poursuivre son “règne” après 4 mandats successifs. Et pourtant, les appels le priant de briguer un 5e mandat se multiplient de jour en jour. Le silence du chef de l’Etat intrigue et inquiète son entourage. Et s’il ne voulait plus de ce pouvoir qui fait rêver nombre de ses poulains ? Dans ce cas-là, qui pourrait lui succéder et présider aux destinées de l’Algérie ?

Algérie Part a mené ses investigations pour identifier 4 hommes qui nourrissent fortement des ambitions présidentielles. 4 Hommes qui veulent devenir Président de la République. 4 hommes qui s’activent ces jours-ci très discrètement pour offrir leurs services et plaider leur cause auprès des “décideurs de l’ombre” lesquels doivent élaborer un scénario d’urgence si, “par malheur” comme ils disent, le Président Bouteflika est incapable de se maintenir “sur son trône”.

1- Ahmed Ouyahia. A 66 ans, Ahmed Ouyahia se considère comme l’homme le mieux positionné pour succéder à Abdelaziz Bouteflika. Il a fait part publiquement de ses intentions de briguer la magistrature suprême. Rusé, haut cadre de l’Etat depuis de très longues années, Ahmed Ouyahia connaît le régime algérien comme sa poche. Il a enchaîné les postes, les fonctions, parcouru plusieurs ministères et collaboré avec toutes les institutions de l’Etat. Mais ces derniers temps, Ahmed Ouyahia a un avantage précieux : il est soutenu par le puissant lobby franco-algérien. Hommes d’affaires, diplomates, artistes ou militaires à la retraite, de nombreux acteurs francophones jouissant d’un bon réseau de contacts auprès des autorités françaises soutiennent Ahmed Ouyahia. Mieux encore, nous avons appris au cours de nos investigations que l’actuel Premier-ministre est très apprécié par Macron, le président français, qui suit de près la situation en Algérie. A l’Elysée, on table sur Ouyahia pour succéder à Bouteflika et assurer la stabilité en Algérie. Le lobbying de la France en Algérie est puissant, très puissant. C’est une évidence de l’affirmer. Et dans la course à la présidentielle, c’est un atout stratégique.

2 -Ramtane Lamamra, le diplomate chevronné et ancien chef de la diplomatie algérienne, a le même âge que son ami Ahmed Ouyahia. Oui, les deux hommes se connaissent très bien et se fréquentent. Mais Lamamra rêve aussi de devenir le futur Président Algérien. Et contrairement à Ouyahia, Lamamra est très apprécié par l’opinion publique algérienne aux yeux de laquelle il jouit d’une énorme crédibilité en raison de sa prestance et niveau intellectuel, deux qualités qui le distinguent des autres fonctionnaires de l’Etat algérien. Fort de son expérience très précieuse à l’ONU, l’Union Africaine et d’autres instances internationales, Lamamra est le dirigeant algérien le plus respecté par les establishments russe et américain. Le diplomate algérien dispose de contacts de très haut niveau au sein de ces deux puissances qui ont un grand mot à dire en Afrique du Nord. Algérie Part a confirmé au cours de ses investigations que des experts du Département d’Etat américain ont évoqué à maintes reprises le nom de Ramtane Lamamra comme le meilleur successeur d’Abdelaziz Bouteflika. A Moscou, on pense exactement la même chose, a-t-on également appris. Dans cette course à la succession, le soutien des USA et de la Russie est une arme fatale et déterminante.

 

3 – Abdelmadjid Tebboune. A 72 ans, il est classé comme  “homme mort” par de nombreuses officines du régime algérien notamment depuis l’éclatement de l’affaire de la cocaïne du Port d’Oran où l’un de ses fils est en prison pour ses relations douteuses avec le fameux “Kamel le Boucher”. Mais, contrairement à ce que croient beaucoup d’observateurs et lobbyistes algériens, Tebboune n’est pas encore “un homme fini”. Très respecté dans les rangs du FLN, le parti le plus populaire en Algérie, il jouit toujours d’une très bonne image auprès de l’opinion publique algérienne en raison de son opposition ouverte à plusieurs oligarques controversés en été 2017. A l’époque, sa cote est montée en flèche et son éviction du pouvoir a été vécue comme une injustice. Mais cet épisode lui a valu une véritable carrure et jusqu’à aujourd’hui, son nom est cité comme une potentielle solution pour pallier l’absence d’Abdelaziz Bouteflika. Très apprécié par le Chef d’Etat-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, il est également soutenu par plusieurs généraux et hauts gradés influents. Tebboune qui nourrit une ambition présidentielle a donc toujours une carte à jouer…

 

4- Abdelaziz Belkhadem  : A 72 ans, c’est l’homme qui risque de surprendre tout le monde en Algérie. Disparu des radars, mais toujours présent dans les coulisses. Ses partisans sont encore très nombreux au sein du puissant et incontournable FLN. Ils activent sans cesse pour obtenir leur retour de leur leader que certains veulent présenter comme la solution à la crise de succession d’Abdelaziz Bouteflika. Consensuel et connaisseur de l’Algérie Profonde, il peut rallier à sa cause le courant islamiste et conservateur de la société algérienne. Proche aussi de plusieurs chapelles politiques au Moyen-Orient, il pourra présenter des atouts intéressants qui peuvent renforcer l’hypothèse de sa candidature. Cependant, ses relations avec l’institution militaire demeurent une énigme. Et sans cela, difficile de briguer la magistrature suprême en Algérie. A moins que…

Soulignons enfin que ces 4 hommes sont aujourd’hui sur leurs gardes. Ils guettent, ils se renseignent, ils participent à des conciliabules ou dépêchent leurs émissaires pour parer à toute éventualité. Mais aucun de ces 4 hommes n’osera sortir de son nid si Abdelaziz Bouteflika décide finalement de rester pour un 5e mandat. C’est dire que le suspense reste entier…