Les multinationales n’en peuvent plus de subir les irrégularités, anomalies et pratiques douteuses ainsi que des malversations en Algérie. Preuve en est, Algérie Part a obtenu des documents exclusifs qui racontent le cri de colère d’un géant mondial spécialisée dans le secteur d’activité de la fabrication d’instrumentation de contrôle radioscopique par rayon X de bagages du fret, de contrôle de bagages et de containers. 

En effet, nous avons obtenu suite à nos investigations un document officiel signé par SMITHS HEIMANN, une puissante multinationale basée à Londres et considérée comme une référence mondiale dans le secteur de l’application, la gestion et la production de technologies de détection et de criblage de renommée internationale pour les secteurs de l’aviation, des ports et des frontières, de la sécurité urbaine et de la défense. Son chiffre d’affaires dépasse les 3 milliards d’euros dont 785 millions d’euros proviennent de son activité de fabrication et conception de scanners de sécurité pour les ports et aéroports. Justement, c’est dans ce segment d’activité où il est présent dans le monde entier que ce leader mondial déplore des difficultés et un traitement inéquitable en Algérie.

Et le 29 juillet dernier, Smiths Heimann à travers sa filiale Smiths Détection a adressé officiellement une correspondance à la commission sectorielle des marchés du ministère des travaux publics et des transports. Un courrier dont nous détenons une copie et dans lequel cette multinationale dénonce plusieurs irrégularités constatées à la suite de la décision d’infructuosité de l’appel d’offres national et international ouvert pour équiper le futur nouvel aéroport d’Oran par des équipements sûreté, à savoir des scanners aéroportuaires.

Il s’agit bizarrement du deuxième avis d’infructuosité. Ce qui a suscité l’étonnement et l’inquiétude de cette multinationale basée à Londres. Comme le démontre le document obtenu au cours de nos investigations, Smiths Heimann a décrypté toutes les anomalies des décisions de l’Etablissement de Gestion de Services Aéroportuaires d’Oran (EGSA).

Les services de ce leader mondial qui fournit des équipements de sûreté aux aéroports des quatre coins du monde ont procédé à une véritable expertise pour dévoiler aux autorités algériennes toutes les irrégularités commises par l’EGSA d’Oran. Des irrégularités qui soulèvent des soupçons de favoritisme et de corruption. Non délivrance du cahier des charges, une déclaration d’infructuosité douteuse et suspecte, la direction générale de l’EGSA d’Oran est soupçonnée de vouloir favoriser à tout prix le concurrent direct de Smiths Heimann qui a, pourtant, présenté la meilleure offre commerciale pour équiper le nouvel aéroport international d’Oran par des scanners et des détecteurs de sécurité.
Selon nos investigation, l’offre de Smiths Heimann était de 3,8 millions d’euros alors que son concurrent le français Visiom a soumis à l’EGSA d’Oran une offre dépassant les 5 millions d’euros. Le britannique Smiths Heimann a proposé un service de garantie de 36 mois alors que Visiom a fait part d’une offre comportant 24 mois de service garantie. Les délais de livraison de Smiths Heimann sont de 4 mois alors que Visiom a déclaré dans son offre que ces délais peuvent s’étendre jusqu’à 11 mois.
En plus, Visiom n’est qu’un revendeur alors que Smiths Heimann est un fabricant reconnu mondialement. Il était donc le mieux placé pour remporter directement ce marché de 26 scanners si on se réfère aux dispositions du code des marchés publics en Algérie. Mais l’EGSA d’Oran a préféré tout bonnement annulé ce marché prétextant de nombreuses excuses qui ne s’appuient sur aucun fondement rationnel. Les responsables de l’EGSA d’Oran cherchent-ils un moyen pour attribuer coûte que coûte ce marché à leurs “amis” français ? Cette question se pose avec beaucoup d’acuité et le ministère des Transports devrait diligenter rapidement une enquête pour élucider les raisons de l’annulation de cet important marché qui retarde la livraison du nouvel aéroport d’Oran.  

 

 

Signalons en dernier lieu que ce marché de fourniture des scanners et détecteurs de sécurité a été d’ores et déjà annulé par l’EGSA d’Oran le 6 août 2017. Et les blocages persistent depuis cette date-là. Par ailleurs, nous avons contacté une source au sein de la direction générale de Smiths Heimann. Celle-ci a assuré à Algérie Part que le directeur de l’aéroport international d’Oran, Abdelkader Kessal, a tout fait pour écarter Smiths Heimann et “placer un autre fournisseur” sans tenir compte de la réglementation en vigueur régissant l’attribution des marchés publics dans notre pays. “Ce comportement n’honore naturellement pas l’Algérie et lui porte un sérieux préjudice”, déplore enfin notre source.