Cette affaire révèle à elle-seule l’ampleur inquiétante de l’emprise du pouvoir de l’argent sur l’administration algérienne. Algérie Part a obtenu des documents exclusifs qui racontent l’histoire d’un terrain public de 14 hectares bradé honteusement au profit du promoteur milliardaire M’hamed Sahraoui par un haut responsable de l’administration du Domaine National. 
Algérie Part a obtenu un acte de concession de ce terrain de 14 hectares, situé à Oued-Romane au niveau de la commune d’El-Achour, qui stipule bel et bien dans ses pages 03 et 04 qu’il ne peut y avoir de cession avant la fin de  l’exécution du projet des 800 logements comme l’indique le permis de construire accordé au promoteur M’hamed Sahraoui. Ce dernier avait pour obligation de construire ces logements dans les normes et en établissant un certificat de conformité.
Or, cet acte de concession datant de 1998 en notre possession ne fait nullement mention d’une quelconque évaluation de 59 636 200 DA comme va le prétendre  plus tard le célèbre promoteur célèbre pour sa résidence luxueuse Urba 2000 lorsqu’il sera poursuivi devant le tribunal de Tipaza. Cet acte précise uniquement une redevance annuelle de 4.636.600,DA comme il est expliqué dans la Page 04.
 
Or, malheureusement, quelques années plus tard, en 2002-2003, cette concession va se transformer en cession et ce terrain public de 14 hectares situé dans une zone très prisée de la capitale Alger où fleurissent les résidences haut standing à été cédé au profit du richissime promoteur M’hamed Sahraoui à raison de 12 annuités.
Cette cession a été rendue possible par Necer Eddine Bouganara, directeur des domaines de la wilaya D’Alger par intérim entre 2002 et 2004. C’est ce haut responsable de l’administration foncière qui a signé cet incroyable acte de concession sans passer par sa hiérarchie au niveau de la direction générale du Domaine National qu’il lui avait, pourtant, demandé de réévaluer le  montant du terrain à 749.076.947 DA au lieu des 59.119.022 DA prévus dans le cadre de la concession en 1997-98.
Necer Eddine Bouganara, actuellement directeur des domaines de la wilaya Tizi-Ouzou, avait accepté la demande de M’hamed SAHRAOUI pour acquérir ce terrain public sans soumettre son recours à la commission de recours. Et sans solliciter une nouvelle fois la commission d’évaluation des domaines alors qu’il s’agissait de transformer une concession en une… cession définitive au profit d’un opérateur privé.
Au final, le milliardaire M’hamed Sahraoui s’était approprié d’un terrain de 13947,50 M2 relevant du domaine public pour l’équivalent d’une ordinaire transaction de vente d’un seul de ses appartements  au sein de sa résidence SOPIREF à Oued-Romane !
Un cas unique et sans précédent qui démontre le dimension tragique du bradage du foncier public dans notre pays. Il est à souligner que  Necer Eddine Bouganara n’a jamais été inquiété ou harcelé par la justice pour la simple raison que la direction générale du Domaine National a refusé de se constituer partie civile en dépit des immenses pertes financières dont le Trésor Public fut victime dans cette affaire, comme l’a avoué amèrement  WALID BELKACEM chargé du contentieux au niveau de la direction des domaines de la wilaya d’Alger lorsqu’il a été questionné par les juges du tribunal de Tipaza.
Rappelons enfin que le promoteur M’hamed Sahraoui a été condamné récemment à une année de prison ferme comme il a été révélé par Algérie Part dans une précédente investigation. Selon nos informations, l’homme se retrouve en ce moment à l’étranger en Belgique plus exactement où il aurait fui pour ne pas subir les foudres de la justice algérienne.