Les exportations sont considérées de nos jours, comme le vecteur d’un développement global, est un facteur de progrès incontournables pour le pays, une réalité longue terme prônée par plusieurs économistes tel que ADAM SMITH, selon lequel « L’encouragement de l’importation et d’exportation sont les deux grandes mesures par les quelles le système mercantile se propose d’enrichir un pays ». 

En outre, certains économistes estiment que pour que les pays pauvres puissent
s’enrichir, il est important qu’ils diversifier leurs exportations. La diversification des exportations consiste à élargir progressivement la gamme des produits fabriqués sans modifier nécessairement les niveaux de productivité.

La diversification peut être considérée comme un facteur qui contribue à améliorer
l’efficacité des autres facteurs de production. De plus, la diversification aide les pays à se
protéger contre les détériorations des termes de l’échange en stabilisant les recettes
d’exportation. Aussi la croissance économique et les changements structurels dépendent des types de produits qui sont échangés.

Les pays fortement dépendants des hydrocarbures présentent souvent la diversification
économique comme une dimension essentielle de leur politique de développement car la
dépendance des hydrocarbures est perçue comme porteuse de risque. L’Indonésie est l’un des pays qui a adopté ces politiques de diversification des exportations depuis son indépendance. Ces politiques ont été renforcées suite à la crise asiatique de 1997 due à la chute des prix des hydrocarbures qui représentaient 80% des exportations indonésienne.
La crise 1997, à toucher l’économie et la société indonésienne.

Dix années plus tard, l’Indonésie s’est trouvée sur une trajectoire de développement très soutenue qui a combiné industrialisation progressive, croissance forte et diminution du taux de pauvreté. Cette trajectoire de développement est liée aux stratégies et reformes prises dans les différents secteurs, la diversification des exportations est l’un de ses reformes.
L’Algérie, suite au contre choc pétrolier de 1986, a adopté plusieurs réformes dans le but de diversifier son économie afin de sortir de la situation de mono-exportateur
d’hydrocarbure.

Dans les années 1960, environ 80% des exportations de l’Indonésie étaient des produits de
base, tandis qu’aujourd’hui, le pays est devenu importateur net de pétrole. Cela est dû à
l’application de la politique de diversification des exportations qui consiste à élargir progressivement la gamme des produits fabriqués pour ne pas compter sur un seul produit dans l’exportations. Parmi ces pays on y trouve l’Indonésie, qui a adopté cette politique et ce pour le développement du commerce extérieure. Ce chapitre comprend deux sections : la première sera consacrée aux notions de base sur la diversification économique, et dans la deuxième section nous étudierons la diversification de l’économie indonésienne.

Depuis son indépendance, la priorité de l’Indonésie est d’assurer une production nationale
suffisante à la demande interne. La question de l’autosuffisance demeure également pertinente au sein des politiques de sécurité alimentaire de l’Etat. En Indonésie, qui dit vivrier pense essentiellement riz, la nourriture de base de l’immense majorité des peuples de l’archipel. Le pays est devenu à partir de la fin des années cinquante le plus gros importateur mondial de riz. De 1961 à 1964, ces importations ont régulièrement
dépassé 1 million de tonnes (Mt) par an, quantité énorme représentant près du dixième d’une production rizicole nationale en pleine stagnation ainsi qu’une charge financière presque insupportable pour une économie en récession.

Au milieu des années 1960, l’économie indonésienne a atteint un très mauvais état, le
pays est en rupture avec les pays occidentaux ce qui l’empêche de recevoir une aide étrangère qui est nécessaire, les dépenses publiques étaient financées par l’émission monétaire, ce qui a engendré une hyperinflation importante. Face à cette situation, le gouvernement, en 1961, a mis en place la réforme agraire afin de régler le problème de l’accès à la terre suite à la promulgation de loi agraire basique de 1960(UUPA 1960). L’objectif principal était de changer la structure agraire inégalitaire existante, en redistribuant les terres des paysans riches aux paysans sans terre ou aux petits paysans.20 Plus tard, le gouvernement a intégré à ces politiques l’utilisation de la technologie.

Des outils de soutien aux agriculteurs, d’importantes ressources publiques sont
allouées et affectées aux producteurs rizicoles des fertilisants, des semences de haute qualité. Le contrôle des importations a été mis en place pour réguler les marchés des produits agricoles. Cependant le programme de modernisation de l’agriculture a dû faire face à de graves problèmes de financements en raison de la faiblesse du budget de l’État. En même temps, les relations avec les pays occidentaux, en particulier les États-Unis, se sont aggravées.

C’est la raison pour laquelle le gouvernement a mis en place un programme de « Berdiri Diatas Kaki Sendiri (Berdikari) » ou « Debout sur nos propres pieds ». Après avoir rétabli un minimum de stabilité dans les finances publiques et avoir relancé l’appareil économique, le gouvernement de Suharto a mis en place le régime de « l’ordre nouveau ».

Le premier plan préparé en 1969 avec l’aide de la Banque Mondiale (BM), et
officiellement lancé au mois d’avril de cette même année est basé sur une approche « simple et pragmatique », il ne se fixait comme objectif l’autosuffisance rizicole pour 1974, soit une augmentation de la production de près de 50 % en l’espace de cinq ans.

Le gouvernement indonésien considère l’agriculture comme secteur prioritaire pour le
développement économique. Une série de programmes d’intensification (INSUS)i
ont suivi à partir des années 1979 afin d’accélérer l’augmentation des rendements et soutenir l’industrie. La filière rizicole, comme l’ensemble de l’économie agricole a fait l’objet d’une attention particulière de l’État par la mise sur pied de nombreux programmes pour la formation technique des producteurs. À cet effet, le programme BIMASii a permis l’organisation des riziculteurs et la dissémination des connaissances auprès des producteurs qui ont favorisé l’adoption à grande échelle des technologies de la Révolution verte. De plus, l’introduction de la machinerie agricole dont les motoculteurs, ainsi que les techniques de gestion intégrée des nuisibles (IPM)iii ont favorisé l’augmentation des rendements. Selon la FAOiv (2001 : 75), l’Indonésie aurait été le premier pays du Sud à adopter les techniques de la gestion intégrée des nuisibles (IPM) comme politique agricole.

A partir de 1973, l’Etat a favorisé la création de joint-ventures entre partenaires étrangers
et locaux afin de développer une industrie nationale, tournée vers la satisfaction des besoins du marché intérieur.

Après avoir dotée d’une agriculture solide capable de nourrir sa main d’œuvre industrielle
croissante à des prix assez bas, en 1970, l’Indonésie s’est tournée vers les fabrications à bas salaires et a adopté une stratégie exportatrice, le développement économique, jusqu’alors est marqué par l’emprise de l’Etat et un certain protectionnisme, s’oriente davantage vers la libéralisation de l’économie et l’ouverture aux marchés internationaux.

En 1979, le gouvernement prévoit que la priorité absolue dans le développement
économique réside dans le secteur agricole où le secteur vise à l’autosuffisance. Il a également fait des réformes dans le secteur industriel qui gère les matières premières en produits finis. Après 1985, la politique commerciale a été progressivement libéralisée, et les
exportateurs ont eu accès à des intrants importés aux cours mondiaux.

Le 15 janvier 1998, le gouvernement a adopté un programme de réforme et de
restructuration économique et financière. Le programme d’ajustement structurel vise essentiellement à accroître l’efficacité et la compétitivité de l’économie indonésienne. Les mesures à mettre en œuvre pour réaliser cet  objectif sont les suivantes :
– Suppression des avantages fiscaux et douaniers spéciaux précédemment accordés au
Programme concernant la voiture nationale.
– Baisse progressive des droits d’importation

Depuis le 1er janvier 1998, les importateurs généraux peuvent librement importer divers
produits tels que le blé, la farine de blé, les fèves de soja et l’ail. Une réduction des obstacles aux exportations, y compris les taxes d’exportation, doit être mise en œuvre par étapes.

 

En 2005, le gouvernement a soutenu un plan de développement pour 1,8 million
d’hectares de plantations de palmiers à huile pour agro carburants. Les principaux objectifs sont : la réduction de la pauvreté, la création d’emplois, d’activités économiques durables, et la diminution de la consommation domestique de carburants (Indonésien Délégation, 2008). La production d’huile de palme en Indonésie se base sur un modèle d’exportation  : environ 78 % de l’huile produite est exportée (Secrétaire général d’Aprobi, 2009).28

En 2006, pour soutenir les agriculteurs, le gouvernement interdit les importations de riz et
les prix domestiques dépassent alors les cours internationaux.En 2008, le besoin de réduction des énergies fossiles dans ses moyens de transport est un phénomène relativement nouveau pour l’Indonésie. Le seul membre de l’OPEP de l’est asiatique
a en effet quitté l’organisation, car il est récemment devenu importateur net de pétrole, en raison de l’augmentation considérable de sa population et de ses trop faibles investissements dans l’exploration et l’extraction pétrolière.

En 2009, l’Indonésie perçoit l’assistance étrangère comme un partenariat entre égaux tel
que défini dans l’Engagement de Jakarta (2009), un plan d’action sur l’efficacité de l’aide signé par le gouvernement de l’Indonésie et tous ses donateurs, y compris le Canada. Les donateurs se sont engagés à harmoniser leurs programmes aux priorités de développement déterminées par le gouvernement de l’Indonésie dans son plan de développement national à moyen terme (2009- 2014) et son plan directeur pour le développement économique (2011-2025).

Les principaux éléments de l’Engagement de Jakarta visent à établir des partenariats plus efficaces et plus inclusifs, et renforcer la prise en charge locale. L’Indonésie a également émis des lois nationales pour un mélange obligatoire des carburants fossiles avec des agros carburants. Depuis janvier 2009, l’essence et le diesel pour le transport doivent contenir au moins 1 % d’agro-carburants.

Ce chiffre devra atteindre les 25 % pour 2025. Bien que l’Indonésie ait diversifié ses sources potentielles d’agro carburants, l’huile de palme reste actuellement la seule matière première pour la production d’agro carburants qui soit rentable (Indonesien State Official, Ministry of Energy and Mineral Resources, 2009).

En 2014, est parue la « liste négative des investissements » (DNI) révisée tous les 3 ans.
Cette nouvelle liste est globalement plus restrictive que la précédente concernant les
investissements étrangers, Certains secteurs ont été fermés à la participation étrangère comme le secteur énergétique. La restriction sur la distribution est aussi fortement pénalisante.

Quelques secteurs seulement bénéficient d’une légère amélioration de leur condition.
En octobre 2014, a été mise en place une simplification des procédures de licence dans le
secteur minier pour booster l’investissement. La mise en place d’un guichet unique (« One-stop service») au sein du BKPM (l’agence nationale de coordination des investissements) a aussi pour objectif la facilitation des procédures administratives pour les investisseurs.

L’année 2015 a été marquée par l’ouverture des marchés agricoles, dans le cadre de
l’accord de l’ASEAN qui été signé en 1967(deuxième des trois étapes marquant
l’approfondissement, l’intégration et l’élargissement de la coopération économique en Asie du sud-est).

 

Décryptage réalisé par les universitaires Melle BOUZOURINE Sabrina MelleTOUATI Karima, Melle MAAFA Lidia, auteurs d’une Etude de l’expérience de diversification des exportations en Indonésie : quels enseignements pour l’Algérie ?