Les postes d’Air Algérie à l’étranger font saliver la nomenklatura algérienne. Des salaires en euros, des véhicules de service et des logements de fonction pour les représentants généraux de la compagnie nationale, ces postes font beaucoup plus rêver nos décideurs que les fonctions de ministres au gouvernement. 

Ces postes nourrissent, d’ailleurs, une véritable guerre de lobbying et de réseaux. Les dirigeants politiques et les oligarques les plus influents interviennent pour peser de tout leurs poids afin de nommer leurs proches dans ces postes stratégiques, a découvert Algérie Part au cours de ses investigations.

Ainsi, à Palma, cette charmante ville balnéaire espagnole, le docteur Tacine vient d’être nommé délégué général d’Air Algérie. Il  a été recruté au sein d’Air Algérie en sa qualité de Médecin il y a de cela 5 ans. Le profil de ce responsable est totalement déconnecté du monde du transport aérien. Mais à Air Algérie, le profil, la compétence, l’expérience, ce ne sont pas les critères qu’il faut appliquer pour nommer des hauts responsables à l’étranger. “Dis moi qui est ton ami parmi les puissants du régime, je te dirai quel poste tu vas prendre”. Voici la devise qui est en train de régir le fonctionnement du recrutement des délégués généraux d’Air Algérie à l’étranger.

Et le docteur Tacine a atterri à Palma pour la simple raison qu’il est l’ami de l’actuel ministre du Travail, Mourad Zemali. Grâce à cette amitié, il va bénéficier d’un salaire mensuel de 3800 euros, d’une prime de logement, d’un véhicule et d’un téléphone de service. On ne peut pas rêver mieux.

A Paris, le chef d’escale principal d’Air Algérie, Haddidane Abdelkrim, est maintenu dans son poste depuis 6 ans pour la simple raison qu’il est l’ami de l’ancien ministre des Transports, Boudjema Talaï, actuelle député FLN. Chaque mois, ce responsable d’Air Algérie touche un salaire de 3400 euros en plus d’une prime de logement, un véhicule de service et un téléphone dont la facture est payée mensuellement par la compagnie.

A Paris toujours, le chef d’escale, Bellah Mohamed, occupe ce poste depuis maintenant plus de 4 ans. Malgré son âge qui le prédispose à la retraite, il a dépassé les 60 ans, il est resté toujours en poste sur intervention auprès de la direction générale d’Air Algérie d’Ali Haddad,  le milliardaire de la ville d’Annaba Baha Eddine Tliba, et le richissime Mohamed-Laïd Benamor.

Il empoche chaque mois un salaire de 3000 euros et travaille uniquement 15 jours et se repose le reste du mois. A Rome, Darsouni Samir est le délégué général d’Air Algérie. Commandant de bord, c’est un ami personnel du PDG d’Air Algérie, Bakhouche Alleche. Ce dernier a “soigné” également son ami Abdelmalek Firaz qui a été nommé délégué général d’Air Algérie au Caire en Egypte en dépit de toutes les défaillances relevées lorsqu’il était directeur adjoint des programmes d’Air Algérie.

Népotisme, favoritisme, clientélisme, voici les critères qui prévalent lors de la nomination des dirigeants d’Air Algérie à l’étranger. Des nominations qui se poursuivent puisque, a-t-on appris au cours de nos investigations, que Boutotaou Nourredine, le directeur des opérations au Sol, sera bientôt nommé délégué général d’Air Algérie à Nice, sur la côte d’Azur en France.

Pourquoi les autorités algériennes restent muettes face à ces pratiques managériales d’un autre âge ? Pour la simple et bête raison que ce sont ces mêmes autorités suprêmes du pays qui encouragent ce clientélisme gangrenant tous les corps de notre Etat…