Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations des documents exclusifs qui démontrent qu’en 2009, des camions de carburant ont transporté des quantités importantes de l’huile de soja en vrac de la marque Afia International, filiale à 99,99% du groupe Savola, un groupe coté à la bourse saoudienne et disposant d’une usine de raffinage et de conditionnemment basée dans la zone industrielle de Hassi Ameur dans la wilaya d’Oran depuis 2008. 

Selon les documents en notre possession, la société qui a été chargée de transporter de l’huile de soja en vrac est Algerian Petroleum Industry (API). Elle appartient au milliardaire controversé Abdelmalek Sahraoui, un oligarque qui incarne par définition l’influence suspecte de l’argent sur la politique. Député FLN depuis les dernières élections législatives de 2017, cet oligarque est le patron de la Holding Promo Invest qui inclut plusieurs entreprises activant dans plusieurs secteurs de l’agriculture en passant par la distribution des carburants.

Justement, API est une société spécialisée uniquement dans le transport et distribution des produits pétroliers comme l’indiquent les documents obtenus au cours de notre enquête. Or, il s’avère que ce député-milliardaire a employé en 2009 les mêmes camions équipés de citernes utilisés pour transporter des carburants afin de livrer à Afia International de l’huile de soja en vrac depuis le port d’Oran.

Il s’agit d’une pratique totalement dangereuse puisque ce mode de transport ne convient nullement aux produits alimentaires destinés à la consommation humaine. Dans les pays développés, comme en France, il existe un protocole que les transporteurs doivent respecter pour garantir la qualité des produits alimentaires transportés en vrac,
liquides ou pulvérulents. La citerne et les éléments en contact avec le produit transporté doivent être en matériaux aptes au contact alimentaire pour ne pas mettre en péril la santé des consommateurs lorsque ce produit sera commercialisé au niveau du marché. La réglementation française précise ainsi que les denrées alimentaires en vrac à l’état liquide, granulaire ou poudreux doivent être transportées dans des réceptacles et/ou conteneurs/citernes réservés au transport de denrées alimentaires.

Dans le cas de l’entreprise d’Abdelmlake Sahraoui, les citernes des camions ne sont pas réservées au transport des denrées alimentaires, mais bel et bien aux carburants nocifs pour la santé humaine !

Le milliardaire algérien a-t-il pris des mesures et dispositions pour respecter des normes élémentaires d’hygiène ? Nous avons tenté, à maintes reprises, de joindre le député FLN et responsable influent au sein du FCE d’Ali Haddad. Il n’a jamais voulu répondre à nos questions préférant ainsi user de tous les subterfuges pour retarder la publication de notre article. Un comportement déplorable et indigne d’un soi-disant industriel.

Quant à la marque Afia, nous avons tenté par tous les moyens d’obtenir la version des faits de ses responsables. Malheureusement, le téléphone de l’administration de cette multinationale installée en Algérie sonne dans le vide.

Nous rappelons qu’en Algérie, les conditions d’hygiène et de salubrité lors du processus de mise à la consommation humaine des denrées alimentaires sont soumises à de nouvelles réglementations depuis la publication d’un décret exécutif sur le journal officiel en avril 2017.

Ce décret précise que les produits primaires doivent être protégés contre toute contamination, eu égard à toute opération de transformation qu’ils subiront ultérieurement. Ce décret insiste sur la prévention des dangers, qui peuvent présenter un risque pour la santé et la sécurité du consommateur. Une sécurité qui ne semble guère préoccuper le milliardaire Abdelmalek Sahraoui et ses semblables.