C’est une véritable fâcheuse habitude. A chaque fois qu’un baron de la drogue chute en Algérie, il fait tomber avec lui tout un réseau de complices et de soutiens. Des complices qui se recrutent dans les rangs de la Police et des services de sécurité. Preuve en est, dimanche dernier, le tribunal d’Aïn El Türck a ordonné le placement en détention préventive de 9 policiers qui ont été identifiés comme étant des « complices » et des « acolytes » du célèbre baron de la drogue « Tiyaya ».

Originaire d’Oran, plus exactement du quartier Cholet, ce trafiquant de drogue célèbre pour son réseau de commercialisation du Kif qui a noyauté une grande partie de l’ouest algérien, est « tombé » la semaine dernière à Sidi Bel-Abbès. Lors de son arrestation, les enquêteurs des services de sécurité ont découvert les numéros de plusieurs policiers dans le répertoire de son cellulaire.

Il s’agit d’un officier haut gradé de police à Oran, d’une policière et de 7 autres agents de DGSN. Des investigations ont été rapidement déclenchées pour comprendre les relations ayant lié le baron « Tiyaya » avec ces 9 policiers. Et les conclusions sont effarantes ! En réalité, ces policiers faisaient partie du réseau de Tiyaya, l’homme contre lequel la justice algérienne a lancé 22 mandats d’amener. Tiyaya a pu, à maintes reprises, s’échapper du filet tendu par les policiers, grâce aux informations communiquées par ses « complices ».

Les policiers conduits dimanche dernier en prison couvraient le baron sulfureux en l’informant des sorties, déplacements et mouvements des policiers de la lutte contre les stupéfiants en charge de sa traque.  Notons enfin que ce scandale coïncide avec le limogeage de l’ancien chef de la DGSN à Oran, Salah Nouasri. Cette affaire dévoile aussi l’ampleur inquiétante des liaisons dangereuses entretenues par les barons de la drogue avec des éléments des services de sécurité en Algérie.