Cette histoire symbolise à elle-seule toute la mauvaise gestion qui ravage nos centaines d’entreprises publiques. En dépit de toutes leurs grosses difficultés financières, leurs managers s’offrent des primes et des avantages financiers pour entretenir leur train de vie bourgeois. Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations des documents qui démontrent l’ampleur inquiétante de cette pratique au sein d’une importante entreprise publique. 

Il s’agit de l’entreprise publique de transport de voyageurs du Centre (EPE TVC) qui est l’un des plus importants transporteurs de voyageurs en Algérie avec une flotte d’environ 80 bus. Ses bus rallient la capitale Alger à Ghardaïa, Adrar, Oran et les autres grandes villes du pays. Malheureusement, cette entreprise publique, filiale du groupe TRANSEV, est déficitaire depuis plusieurs années. Son déficit dépasse chaque année, selon nos investigations, les 231 millions de Da.

Une contre-performance inquiétante qui fait perdre énormément d’argent à l’Etat contraint à chaque fois de renflouer ses caisses pour la maintenir en vie et payer les salaires de ses 350 employés. Toutefois, cette très dure conjoncture financière n’a pas empêché le PDG de cette entreprise publique de s’offrir, comme le démontrent nos documents, une prime de 30 millions de centimes ! En 2017 comme en 2018, Guilame Abderrazek, le PDG d’EPE TVC, a mis dans sa poche cette prime estimant que son rendement doit être récompensé. Or, son entreprise est totalement déficitaire et arrive à peine à survivre !

Ce comportement dénote une inconscience scandaleuse. Il reflète toute l’irresponsabilité qui prévaut à la tête de nos entreprises publiques déficitaires et ne dégageant aucun bénéfice. En plus, comme l’a révélé Algérie Part dans une précédente investigation, cette entreprise publique fait l’objet de nombreuses malversations financières.