Non, la flotte d’Air Algérie n’est pas vieillissante. Le ministre des Transports,  Abdelghani Zaalane, a menti aux Algériens et Algérie Part a obtenu un document exclusif qui le démontre.
Le 23 juin dernier, le ministre a fait savoir aux Algériens que 30 avions de la compagnie nationale cumulent plus de 20 ans de service. La flotte d’Air Algérie serait donc vieillissante et il faut la remplacer en urgence. C’est pour ça que l’Etat algérien a débloqué pas moins de 2 milliards de dollars au profit d’Air Algérie.
En vérité, les informations données par le ministre des Transports sont totalement fausses. Preuve en est, nous avons récupéré ce document interne au sein d’Air Algérie qui relate l’âge précis des avions de la compagnie nationale. Il s’agit d’un document qui relate toutes les informations techniques concernant l’ensemble des 56 appareils utilisés en ce moment par Air Algérie.
Il ressort de l’analyse détaillée de ce document technique que l’âge moyen des appareils d’Air Algérie est de 11 ans. Seulement trois avions ont un âge dépassant les 17 ans. Il s’agit des ATR72-212A. Deux autres types d’avions ATR, de fabrication italo-française, ont un âge dépassant les 16 ans.
Par ailleurs, trois autres appareils ont un âge qui dépasse les 27 ans. Il s’agit des Boeing 767-300 avec une capacité de transport de 253 passagers. L’âge des Airbus A330-202 d’Air Algérie ne dépasse pas les 13 ans. Il est à noter également que certains appareils sont très neufs et leur âge ne dépasse même pas les 3 ans comme le Boeing 737-800 qui peut transporter jusqu’à 148 passagers. Air Algérie dispose même d’un certain nombre d’ATR72-212A dont l’âge ne dépasse pas les 3 ans.
C’est dire enfin que notre ministre des Transports est très mal renseigné et ne maîtrise nullement son sujet. Selon plusieurs observateurs, le gouvernement algérien s’est précipité dans sa communication catastrophique parce qu’il veut justifier à tout prix le montant du prêt accordé à Air Algérie.
Un prêt débloqué par le Fonds National d’Investissement qui suscite énormément de polémique. Et pour cause, certains analystes, comme le  Pilote de ligne, expert judiciaire et enquêteur sur les accidents et incidents aérien, Benzerroug Mohamed Redouane, estiment qu’avec deux milliards de dollars, “on peut créer deux autres compagnies régionales. Ce qui fera beaucoup de bien au trafic aérien national”, a assuré notre interlocuteur.
Puisque, comme le démontre notre document, il n’y a aucun risque de voir les avions d’Air Algérie rester cloués au sol pour cause de non-conformité aux normes internationales, “il n’y a aucune raison d’octroyer à Air Algérie deux milliards de dollars alors qu’elle n’a dégagé aucun bénéfice en utilisant le même nombre actuel d’avions”, signe et persiste  Benzerroug Mohamed Redouane.
Une lecture que ne partagent pas du tout plusieurs sources proches de la direction générale d’Air Algérie selon lesquelles l’ouverture de nouvelles lignes grâce à de nouveaux avions est plus que nécessaire pour retrouver la rentabilité d’antan de la compagnie nationale. Des nouvelles lignes vers l’Afrique subsaharienne sont prévues prochainement pour augmenter les recettes d’Air Algérie qui se débat depuis des années pour sortir de son déficit.