Non, ce n’est pas une blague de mauvais goût ! L’Algérie s’apprête bel et bien à exporter d’importantes quantités de produits pharmaceutiques et médicaux vers la Tunisie, la Jordanie, la Libye, mais aussi l’Espagne, la France, l’Italie et le Danemark ! Le mérite revient au groupe privé IMGSA dont les unités de production sont implantées dans la région d’Ain M’lila dans la wilaya d’Oum El-Bouaghi. 

Nous avons effectivement appris au cours de nos investigations que cette entreprise privée algérienne a commencé depuis hier l’exportation des gants d’examens en latex et des gants de chirurgie vers la Jordanie. Cette entreprise privée algérienne, leader du marché national des gants médicaux, a remporté un marché de 1,5 million de dollars en Jordanie. Elle a également décroché un marché équivalent en Tunisie où elle a d’ores et déjà commencé à exporter ses produits. Au mois de septembre prochain, une visite du ministre de la Santé Irakien est prévue à Ain M’lila pour inspecter les installations de cette entreprise algérienne qui fabrique 90 millions de gants stériles par an et 1 million de gants d’examen par jour.

Et lors de cette visite, le groupe IMGSA conclura un accord d’exportation de ses produits vers l’Irak. Depuis leur entrée en activité en 2014, les unités de production du groupe IMGSA arrivent à satisfaire le marché national de gants stériles, un marché estimé à près de 15 millions d’euros. Grâce à cette forte activité de production, l’Algérie n’importe plus de gants stériles depuis 2016.

Et aujourd’hui, notre pays part à la conquête des marchés internationaux. Le groupe IMGSA est en train de boucler le processus de certification européenne pour pouvoir exporter ses produits en Europe. Un carnet de commandes a été d’ores et déjà élaboré : les gants algériens seront bientôt commercialisés en France, Espagne, Italie et… Danemark. Ces opérations d’exportation commenceront une fois que les certificateurs européens obtiennent leurs visas algériens pour effectuer leur mission auprès du groupe IMGSA à Ain M’lila afin de vérifier la conformité des produits algériens avec les normes GMP (current Good Manufacturing Practices),  applicables à la fabrication, l’importation et l’exportation de médicaments vers le marché européen.

Plusieurs millions d’euros sont en jeu et l’Algérie pourrait enfin engranger des recettes en devises grâce à ces exportations. Des recettes précieuses en cette cruelle période de crise financière. Il est à souligner enfin que le groupe IMGSA oriente 70 % de sa production vers l’exportation. Une première en Algérie.

Malgré toutes ces performances prometteuses, certaines autorités au ministère de la Santé ont épinglé récemment cette entreprise privée pour « la mauvaise qualité de ses produits ». Une accusation qui s’avère, selon nos investigations, infondée et partiale car nous avons obtenu un document où le groupe IMGA fournit toutes les explications à la Directrice Générale de l’Agence Nationale des Produits Pharmaceutiques concernant des lots de gants de chirurgie jugés « non-conformes » par des contrôleurs du Laboratoire National de Contrôle des Produits Pharmaceutiques (LNCPP).

En réalité, les actions de contrôle ont été menées sur la base d’échantillons de prélèvements dont l’origine est muette. En plus, il y a de cela quelques mois des contrôleurs du LNCPP se sont déplacés au sein même du laboratoire du groupe IMGSA à Ain M’Lila. Étrangement, il a été constaté que les spécimens à analyser étaient « démunis de pochettes (conditionnement primaire avec double emballage)  avec absence du nom commercial ainsi que de l’identification du fabricant, alors qu’il s’agit de produits stériles !

Pour démontrer sa bonne volonté, le groupe IMGSA a fait savoir qu’il est prêt à procéder à une contre-expertise. Par ailleurs, d’autres sources proches de ce dossier nous ont appris que les mauvaises conditions de stockage dans plusieurs hôpitaux publics ont mis en péril plusieurs produits pharmaceutiques dont des gants stériles. « Le fabricant ne peut donc être tenu comme responsable de ces dégradations car le stockage dans les meilleures conditions des produits médicaux dans les hôpitaux ne relèvent pas de ses missions », conclut en dernier lieu notre source.