Qui l’eût cru ? Après la pénurie des médicaments, voici la pénurie des dispositifs médicaux qui paralyse de nombreux hôpitaux algériens. Désormais, les patients algériens sont contraints d’acheter eux-mêmes les couteaux ou le visqueux, des outils médicaux indispensables aux opérations chirurgicales, des outils qui font cruellement défaut dans plusieurs centres hospitaliers répartis à travers le territoire national, a-t-on appris au cours de nos investigation. 

Ce document en notre possession est l’ordonnance d’un patient qui est venu  le 08/07/2018 de Sidi Bel-Abbès jusqu’à la capitale Alger pour acheter tout le consommable nécessaire à une intervention de cataracte, à savoir l’implant hydrophile pliable, visqueux et le couteau,  programmée au CHU de la même ville située à l’ouest du pays.  Nous avons appris également que la salle de cathétérisme cardiaque d’un grand CHU Mustapha Bacha d’Alger est en arrêt par manque de consommables dont des stents coronaires.

Pis encore, des responsables de ce service dans le plus hôpital algérois sont en train de solliciter des donateurs pour financer l’acquisition de ces outils chirurgicaux qui manquent dans le stock de l’hôpital ! Une situation inédite d’une extrême gravité. Selon nos investigations, l’achat des dispositifs médicaux par les hôpitaux algériens à des prix exorbitants ne couvre pas suffisamment les quantités prévisionnelles annuelles. 

La pénurie s’installe donc très vite. Pour remédier à cette situation de crise, des médecins et experts de la gestion hospitalière suggèrent de recourir à la fixation des tarifs de référence pour les implants, l’abolition des monopoles et la rédaction des appels par lignes ( avec des désignations neutres) et non pas par lots ainsi que l’interdiction des procédures d’achat de prescription qui favorisent toujours certains fournisseurs suspects lors de l’attribution des marchés de fournitures des médicaments aux hôpitaux. Au final, la transparence des liens d’intérêt constituent le seul moyen efficace pour stopper cette crise gravissime qui menace directement la vie des Algériens.