Certains activistes ne cessent d’appeler à l’ouverture des frontières entre l’Algérie et le Maroc. Il nous paraît important de ne pas mélanger entre les sentiments et l’intérêt suprême de l’Algérie. Contribution. 

Inutile de rappeler  que la frontière a été fermée en 1994 suite aux attitudes hostiles de feu Hansen II en instaurant un visa aux algériens  ce qui constitue en soi une violation aux  accords de l’Union du Maghreb Arabe s’agissant du chapitre de la libre circulation des biens et des personnes.

Au début des années 2000, il y a eu des contacts  entre les deux pays et Abdelaziz Bouteflika a manifesté ouvertement sa volonté de  régler le problème algéro-marocain  dans la foulée de la réconciliation nationale avec des visites de plusieurs membres des gouvernements algérien et marocain.  Mohamed IV a même visité Alger à l’occasion du sommet Arabe d’Alger en mars 2005.

Le principe retenu à l’époque consistait à mettre en place des commissions mixtes pour traiter les sujets qui font l’objet d’un désaccord bilatéral. Ces désaccords sont articulés autour de 3 axes :

1 – Une Commission mixte d’évaluation et d’indemnisation des Algériens spoliés au Maroc et des Marocains spoliés d’Algérie. Pour rappel, les Marocains expulsés  d’Algérie étaient locataires, pour la majorité d’entre eux, et non pas propriétaire contrairement aux Algériens du Maroc généralement tous propriétaire de terres agricoles.

2- Engagements réciproques de coopération  pleine, efficace  et de bonne  foi  en terme de lute contre la drogue et coopération  sécuritaire car il faut être clair que aujourd’hui le narco-trafique est étroitement lié au financement du terrorisme et inutile de rappeler les foyers terroristes existant au nord Mali et en Libye et le risque de leur expansion dangereuse grâce aux financements en provenance du trafic de cannabis et de drogue.

3 Engagement réciproque de protéger les ressortissants  Algériens au Maroc et les Marocains  en Algérie en d’autres termes la nécessité de protéger les Algériens de l’humiliation subie en 1994.

Le délicat sujet du Sahara Occidental restera, ainsi, sous l’arbitrage de l’ONU où l’Algérie ne renoncera jamais à soutenir cette cause comme elle n’a jamais renoncé à soutenir toutes les causes indépendantiste dans le cadre de l’autodétermination des peuples colonisés.

Une mission du Chef du gouvernement de l’époque, Ahmed Ouyahia,  à Rabat était prévue en juin 2005  pour signer un accord dans ce sens et ouvrir les frontières dans la foulée. Malheureusement, cette visite fut annulée par le fatidique communiqué de la MAP, agence de presse gouvernementale marocaine, affirmant que la visite du premier ministre Algérien est inopportune  compte tenu des positions de l’Algérie  sur le dossier du  Sahara Occidental. La volonté de réconcilier les deux pays a été donc torpillée et toute possibilité de dialogue pour demander l’ouverture des frontières a été définitivement compromise à cause de la schizophrénie permanente du Makhzen marocain. Ce dernier a tout fait pour empêcher la réconciliation avec l’Algérie qu’il accuse de tous les maux. Et dans les colonnes de la presse internationale, ses dirigeants continuent de faire preuve d’une grande hypocrisie en faisant porter le chapeau à l’Algérie.  Triste destin pour tout le Maghreb.

 

Par Kader Slimani