Le lundi 16 juillet à 14 H, une réunion importante et stratégique s’est tenue au siège de la direction générale d’Air Algérie, a-t-on appris au cours de nos investigations. Cette réunion a regroupé le PDG de la compagnie,  Bakhouche Alleche, et son staff avec l’ensemble des syndicats de l’entreprise.

Le syndicat autonome des pilotes de ligne (SPLA), le Syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNCA), le Syndicat d’entreprise d’Air Algérie, section UGTA, ont été tous représentés au cours de cette réunion à laquelle a participé également Saïd Taouinine, président du comité de participation d’Air Algérie.

Le PDG d’Air Algérie a abordé ouvertement avec ses interlocuteurs les gros problèmes actuels de la compagnie battant pavillon national. Selon nos sources, Bakhouche Alleche s’est engagé à associer les partenaires sociaux dans toutes les prises de décision pour sortir la compagnie nationale du gouffre du déficit financier. A ce propos, il a révélé les dessous du prêt débloqué par Fonds national d’investissement (FNI), un prêt de 2 milliards de dollars, pour secourir Air Algérie. 60% de ce montant seront destinés  au renouvellement de la flotte de la compagnie qui compte 30 appareils dont la moyenne d’âge dépasse les 25 ans dans les trois prochaines années.

Les représentants des travailleurs d’Air Algérie seront associés aux opérations d’acquisition de ces nouveaux avions dont Air Algérie a cruellement besoin pour améliorer ses prestations et gagner de nouvelles parts de marchés.

Par ailleurs, a-t-on encore appris au cours de nos investigations, des décisions importantes ont été prises lors de cette réunion concernant notamment la fin du recours à l’affrètement des avions. Air Algérie veut économiser ses devises et maximaliser l’utilisation de sa flotte pour ne plus supporter les coûts de l’affrètement. A titre d’exemple, la saison estivale de l’année dernière, Air Algérie a dépensé l’équivalent de 30 millions d’euros pour affréter des avions à l’étranger ! Une  somme colossale qui a aggravé le déficit budgétaire d’Air Algérie.

Soulignons également que les dirigeants d’Air Algérie ont promis aux syndicats des travailleurs de plancher sérieusement sur la grille des salaires. Cependant, la direction générale d’Air Algérie va procéder à une opération de Benchemarking qui consiste à réaliser une étude comparative avec les autres compagnies internationales pour situer les salaires des diverses corporations. De cette façon, Air Algérie saura identifier le personnel qui doit être augmenté sur le plan salarial et celui qui doit être réajusté pour se conformer aux normes du marché mondial.

Cette démarche a été rejetée par le Syndicat national des techniciens de la maintenance avions (SNTMA) qui a boycotté cette réunion en refusant d’y participer. Une attitude qualifiée d'”irresponsable” et de “dangereuse et préjudiciable à l’égard des intérêts de la compagnie nationale”, ont déploré des sources proches de la direction générale d’Air Algérie qui dénonce au passage une “volonté manifeste de saboter la compagnie nationale”.

Mais dans un document adressé à notre Rédaction, le SNTMA maintient sa position et défend son boycott de cette réunion en expliquant que des études précédentes de Benchemarking ont été réalisées après avoir coûté des sommes colossales mais qui ont fini dans les tiroirs du bureau du PDG. Pour les mécaniciens et techniciens de la maintenance d’Air Algérie, les réponses aux problèmes de la compagnie se trouvent dans la Convention Collective d’Air Algérie “approuvée par toutes les corporations et l’employeur”.

Le SNTMA estime que ses revendications sont conformes aux standards internationaux et les solutions proposées par la direction générale d’Air Algérie sont inadaptées et “aggravent le déséquilibre salarial”, déplore ce syndicat qui veut déclencher une large grève à partir du 31 juillet prochain. Une grève qui risque de paralyser plusieurs avions d’Air Algérie provoquant ainsi la suppression de plusieurs vols.