Sonatrach qui a réalisé  un chiffre d’affaires de 16 milliards de dollars sur les 5 premiers mois de 2018 contre 14 milliards de dollars durant la même période de 2017, ce qui donnerait un chiffre d’affaire d’environ 38 milliards de dollars d’ici la fin 2018. 

En soustrayant les charges d’environ 25%, la Sonatrach devra réaliser un profit  net de 28,5 milliards de dollars. Ce qui permettra d’expliquer la tendance à la baisse du déficit de la balance commerciale, les exportations hors hydrocarbures étant insignifiantes. En ce mois de juillet 2018, Sonatrach c’est l’Algérie et l’Algérie c’est Sonatrach. Face à cette situation  quel   est le prix d’équilibre du pétrole pour atténuer la baisse des réserves de change ?

Les  réserves de change proviennent essentiellement des exportations des hydrocarbures (98% avec les dérivées) dont le  prix moyen du baril de pétrole algérien est passé de 112 dollars juin 2014 à 45 dollars moyenne annuelle  2016 à 53,97 dollars en 2017 et le cours actuel fluctuant entre 77/79 dollars, facteurs essentiellement exogènes dont l’Algérie  a une marge d’action limitée, a largement influencé par la stratégie du pétrole/gaz de schiste  américain, les fluctuations du dollar/euro, la croissance de l’économie mondiale et  les tensions géostratégiques au Moyen Orient notamment en Syrie,  la position des USA  vis-à-vis de l’Accord avec l’Iran, certes atténué par la position européenne.

Les réserves de change   de l’Algérie  ont évolué ainsi : 162,2 milliards de dollars en 2010, 182 en 2011, 190 en 2012, 194 en 2013, 180 en 2014, 144 en 2015, 114 en 2016.et  96 milliards de dollars (hors DTS) fin 2017 et hors réserves d’or, l’Algérie possédant 173 tonnes d’une valeur, au cours de l’once actuel, d’environ 7 milliards de dollars. d’environ 94,5 milliards de dollars et selon les dernières données de mars 2018 d’environ 94,5 milliards de dollars  devant clôturer fin 2018  en tendance,  entre 85/87  milliards de dollars  Selon  le Fonds monétaire international (FMI) dans son nouveau rapport sur les perspectives de croissance dans la région Moyen Orient-Afrique du Nord-Afghanistan-Pakistan (MOANAP l’Algérie avait besoin d’un baril à 87,6 USD pour atteindre son équilibre budgétaire en 2016 contre 60 dollars en 2007 , 80 dollars en 2009, 125 dollars en 2010 140 dollars en 2012,  110 dollars/baril en 2015, Pour 2017,  dans le cadre de la Loi de finance 2017, le  niveau est proche de 75 dollars sur la base des dépenses  et du déficit clôturé.

Pour 2018, le projet de la Loi de finances complémentaire de 2018, approuvé le  5 juin 2018 , par le Conseil des ministres prévoit une enveloppe de 500 milliards dinars  supplémentaire (environ 4,4 milliards de dollars) en autorisations de programme, permettant  de relancer une série de projets, notamment sociaux, gelés ces dernières années du fait de la tension financière sur le budget de l’État qui seront financées en concours temporaires par le Fonds national d’investissement (FNI).

Aussi, au vu de la dépense publique actuelle, des dépenses improductives, des subventions généralisées sans ciblage,  des surcoûts et une mauvaise gestion pour ne pas dire corruption, il faut un baril dépassant les 100 dollars, pour ne pas puiser les réserves de change  et éventuellement les augmenter, Mais avec  grande rigueur budgétaire, une meilleure gouvernance, un changement de cap de la politique économique actuelle, avec un baril entre 60/70 dollars , l’Algérie peut sens sortir, possédant  des atouts. L’endettement est faible, 20% du PIB, la dette extérieure 2,5% du PIB  et le secteur bancaire reste capitalisé, le ratio de solvabilité étant de 17% au 01 janvier 2017.

Mais soyons réaliste en analysant d’une manière objective la situation présente afin de corriger l’actuelle politique économique. La population algérienne a évoluée ainsi :  1950   8,87 millions d’habitants – 1960 11,27, – 1970 14,69, -1980 19,47,  -1990 26,24,  -2010 à 37,06  -au 1er janvier 2016 , 40,61 -au 1er janvier 2017, 41,3 -au 1er janvier 2018, 42,4 millions d’habitants  et selon les extrapolations de l’ONS environ   51,026 millions 2030.  L’on devra  créer 350.000/400.000 emplois productifs  par  an avec un  taux  de croissance réel de 9/10% sur plusieurs années pour éviter de vives tensions sociales. Or, le  blocage  de l’investissement en Algérie  ne réside pas   en des changements de lois ou  d’élaboration de stratégies utopiques,  vision bureaucratique, comme on ne combat la sphère informelle  par des  mesures administratives autoritaires, mais en s’attaquant au fonctionnement de la société, devant nous orienter  vers une société participative et citoyenne., en un  mot instaurer la démocratie tout en ne reniant pas notre authenticité , le dialogue des cultures combattant tout forme d’intolérance. quant à  la politique des  subventions ciblées, cela  suppose   une large concertation sociale et un système d’information fiable en temps réel déterminant le poids de la sphère informelle dans la distribution des revenus et  la répartition du revenu national et du modèle de consommation, pour ne pas pénaliser tant  les couches défavorisées que  les couches moyennes par un nivellement  par le bas.

Attention à la précipitation par des comparaisons hasardeuses  car l’économie algérienne es tune économie rentière et non une économie de marché concurrentielle. Par ailleurs le revenu net moyen algérien est en moyenne de 20% par rapport à celui de l’européen et comment faire  pour que  les segments  consommateurs d’énergie dans toute la chaîne de valeur (boulangeries  aux unités) ne puissent répercuter cette hausse dans le prix final, accélérant le processus inflationniste.

Par le Professeur des  universités et expert international : le Docteur Abderrahmane MEBTOUL