En ces temps d’incertitudes, de spéculations et de rumeurs à tout va, chaque changement intervenu dans une institution publique est largement commenté, différemment interprété. 

Il en est ainsi du limogeage de Omar Boudiab, Président-directeur général du Crédit populaire d’Algérie, CPA. Le communiqué de la banque, diffusé lundi en fin de journée, a tout simplement indiqué que « dans le cadre de ses attributions statutaires, l’Assemblée générale du  Crédit populaire d’Algérie, réuni ce lundi 9 juillet 2018, a adopté une résolution mettant fin au mandat de membre du Conseil d’administration du  CPA, exercé par M. Omar Boudieb ». Or, le Conseil d’administration d’une grande entreprise publique, est constitué de cadres de la société, de représentants du ministère des Finances, de la Banque d’Algérie et d’autres administrations. Les « limogeages » sont, donc, politiques.

Pour l’instant, les responsables de la banque, comme ceux du ministère des Finances, ne donnent aucune explication au limogeage d’Omar Boudiab, nommé en 2015. Mais des sources concordantes indiquent que les autorités n’ont pas apprécié des crédits que l’ancien PDG du CPA aurait accordé à certains opérateurs économiques privés. Il s’agit notamment de prêts concédés à certains concessionnaires automobiles et des promoteurs immobiliers. Kamel Chikhi, dit « le boucher » a-t-il bénéficié de prêts du CPA ? Nos sources ne confirment pas cette information. Mais il semble que l’ancien dirigeant du CPA est dans une difficile situation.