Malgré les interdictions, des partis de l’opposition veulent manifester dans la capitale. Les membres du groupe Mouwatana, qui ont animé mardi une conférence de presse à Alger, tentent de contourner les interdictions de manifestations publiques.

La loi leur interdit de saisir le Conseil constitutionnel. Pour cela, ils sont décidé de compter sur les partis de l’opposition, présents dans le parlement, pour saisir le Conseil constitutionnel afin d’annuler deux dispositions qui empêchent les partis et syndicats de manifester dans la capitale et les grandes villes. La première disposition qu’ils veulent faire sauter est celle qui limite la possibilité de manifestations publiques aux salles. « Ils veulent nous enfermer ! », s’est indignée Zoubida Assoul, porte-parole de Mouwatana qui a animé une conférence de presse au siège du parti Jil Jadid.

La deuxième interdiction que l’opposition veut faire sauter est celle qui interdit les manifestations dans la capitale. « C’est un décret fantôme », commente la conférencière qui révèle que le décret exécutif, pris le 18 juin 2001 après les manifestations dramatiques du mouvement citoyen de Kabylie de 14 juin de la même année, n’a jamais été publié dans le journal officiel. « Or, la loi est claire : il ne pet y avoir de condamnation sans texte de loi », rappelle Zoubida Assoul, juriste de formation.

Pour sensibiliser les parlementaires, le groupe Mouwatana a adressé des requêtes pour 6 groupes parlementaires en plus des députés du RCD. Il s’agit du FFS, PT, MSP, El-Adala, MSP et les indépendants. « Nous voulons les mettre devant leurs responsabilités », a-t-elle dit.

En plus de cette initiative, Mouwatana  va élaborer, à partir d’aujourd’hui, une charte des valeurs pour « exposer aux citoyens notre vision et notre projet pour changer le système », a indiqué la porte-parole. Parmi les points qui seront inclus dans cette charte, on peut citer notamment l’interdiction d’utiliser la religion pour des fins politiques.