Ces derniers jours, le milliardaire Ali Haddad fait l’objet d’une folle rumeur qui alimente toutes les polémiques. A Club des Pins, la Résidence d’Etat qui abrite tous les dirigeants politiques algériens et leurs familles, une ancienne villa coloniale est en cours de reconstruction et de rénovation. Plusieurs sources ont fait circuler une information selon laquelle le milliardaire et patron de l’ETRHB serait le nouveau propriétaire de cette villa. 

Cette information controversée a pris de l’ampleur depuis la publication du décret N° 18-166 publié dans le journal officiel N° 37 où le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, ordonne  “l’incessibilité de toutes les structures, villas, chalets, appartements, locaux terrains et tout autre bien immeuble, quelle que soit sa nature, relevant de l’établissement public de la résidence d’Etat du Sahel”. En clair, plus aucune villa de Club des Pins n’est à vendre aux privés. Comment Ali Haddad a-t-il donc fait pour acheter sa villa ?

En réalité, Ali Haddad n’est propriétaire d’aucune villa ou chalet à la Résidence d’Etat. Il est uniquement locataire et s’acquitte de son loyer, évalué à près de 250 mille Da par mois, en tant que patron du Forum des Chefs d’entreprises, a-t-on appris au cours de nos investigations. Il occupe en ce moment une villa orange située juste en face de la fameuse villa 13 qui est en cours de rénovation. Il s’agit de la fameuse villa qui suscite toutes les spéculations.

Cette ancienne villa coloniale n’a jamais été rachetée par le milliardaire algérien. Elle est toujours la propriétaire de l’établissement public de la résidence d’Etat du Sahel. Elle a été occupée auparavant par 3 anciennes présentatrices et journalistes de l’ENTV. Aujourd’hui, elle a été récupérée par l’établissement dirigé par Hamid Melzi pour la transformer en une villa haut standing destinée aux “personnalités de l’Etat”. Elle n’a jamais été mise en vente, a-t-on confirmé suite à nos investigations.

Quant aux travaux de rénovation de cette villa, ils ont été confiés à une entreprise privée appelée ETKHB. Il s’agit d’une petite entreprise privée de BTP qui n’a aucune relation avec l’ETRHB d’Ali Haddad.

Concernant enfin le décret présidentiel, il a pour objectif d’empêcher toute privatisation des 47 villas coloniales situées à Club des Pins. Ces villas resteront pour toujours dans le giron du patrimoine de l’Etat et demeureront réservées uniquement aux hauts responsables et ministres du gouvernement. Le montant de leurs loyers est évalué à 150 mille Da par mois. Et chaque ministère respectif s’acquitte des frais de l’hébergement de son ministre et hauts dirigeants.