Oui, les Algériens bien. Ils mangent aussi bien que les espagnols et les portugais. Malheureusement, la plus grande partie de leur alimentaire est importée depuis l’étranger. Et cette dépendance incarne un véritable danger vis-à-vis de leur sécurité alimentaire. 

C’est du moins ce que nous apprend le Rapport national sur la sécurité alimentaire dressé par les experts de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Le Professeur Chehat Fouad, ancien directeur de l’INRA, a tiré la sonnette d’alarme à ce sujet lors de son passage sur les ondes de la radio publique Chaîne III. Ce dernier a confirmé que « le nombre de calories consommées par les Algériens est en augmentation », il est même équivalent à ce qui est consommé en Espagne ou au Portugal, mais, « ce sont des calories importées », déplore pour prévenir contre les conséquences néfastes de cette dépendance vis-à-vis des importation.

Le Professeur Chehat Fouad cite, en premier lieu, les céréales avec « des importations annuelles qui tournent autour de 6 à 7 millions de tonnes ». Pour le lait, c’est pareil, « nous savons, dit-il, que malgré les progrès de la production laitière, il faut continuer à importer des quantités croissantes de poudre de lait pour faire l’appoint ».

C’est le cas également des viandes blanches, qui « sont produites grâce à des importations annuelles, de l’ordre de 4 millions et demi de tonnes, de mais, de tourteaux de soja et même de CMV (ndlr, complément minéral vitaminé), qui sont utilisés dans les élevages ». Et donc « même si nous n’importons plus de poulet depuis très longtemps, le poulet que nous consommons est à 60% produit grâce à des importations ».

Ces chiffres font froid dans le dos et indiquent clairement que l’Algérie n’a toujours pas couvert son indépendance. Et si demain, par malheur, ses caisses se vident, elle ne pourra même pas nourrir sa population.