Le décret 18-153, publié dans le Journal officiel de la république algérienne (JORADP) N° 33 du 6 juin 2018, avait pour objet de fixer les conditions et les modalités de cession des biens immobiliers appartenant à l’Etat et des biens gérés par les offices de promotion et de gestion immobilière (OPGI).

Ce décret exécutif signé par le premier Ministre Ahmed Ouyahia le 4 Juin 2018, indiquait que ces biens immobiliers  »sont cédés à leurs occupants légaux, personnes physiques de nationalité algérienne ou morales de droit algérien, sur la base de leur valeur vénale », fixée par arrêté conjoint des ministres chargés des collectivités locales, des finances et de l’habitat.

Deux semaines après soit le 20 Juin 2018, le Président de la République Abdelaziz Bouteflika signe le décret N° 18-166 publié dans le journal officiel N° 37 daté du même jour.

Entre temps il n’y a pas eu de journal officiel N° 34, 35 et 36 !

Le décret en question porte incessibilité de toutes les structures, villas, chalets, appartements, locaux terrains et tout autre bien immeuble, quelle que soit sa nature, relevant de l’établissement public de la résidence d’Etat du Sahel qui englobe l’ensemble des patrimoines du Club des pins, de la résidence d’Etat.

Cette mesure, concerne également, contrairement à l’ancien décret N° 51 du 6 Août 1997, les structures et locaux datant d’avant le recouvrement de l’indépendance nationale et relevant du patrimoine de la résidence d’Etat du Sahel abrogeant ainsi le paragraphe 2 du point 1) de l’article 16 et de l’alinéa 2 de l’article 17 du décret exécutif n° 97-294 du 5 août 1997.

 »On ne sait pas si on doit voir là encore un discrédit de l’action du Premier Ministre par les services de la Présidence, ou un simple complément légal à sa démarche ? » s’interroge une source proche du dossier.

En 2015 certains députés du FLN avaient demandé la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur les résidences d’État du Sahel en vain…

En Juillet 2017 un appel de députés du RCD demandait création d’une commission d’enquête sur la résidence d’État afin de dresser un état des lieux des réels occupants et préciser les conditions et les modalités d’accès aux infrastructures et lieux de plaisance, comme les plages…

Rappelons enfin que la Cour des comptes en 2014 indiquait que plus de 2 milliards de dinars avaient été attribués par le Premier ministère comme contribution à la résidence d’État, soit une augmentation de plus de 20% par rapport aux 740 millions de dinars de budget prévu initialement !

La présidence de la République ira-t-elle jusqu’à restituer les plages de Club des Pins et de Moretti et les rendre accessible au public ?

Le temps nous le dira…