Âgé de 78 ans, Mustapha El Hbiri a pris les règnes de la DGSN dans un contexte très troublant. Cette nomination a fait également beaucoup d’encre car elle soulève plusieurs interrogations. Algérie Part a mené ses investigations. 

En réalité, il s’agit d’une décision hautement politique qui a été prise dans une totale urgence lors d’une réunion tenue mardi 26 juin à 15 H au siège de la Présidence de la République, à El-Mouradia, sur les hauteurs d’Alger. Deux importants conseillers d’Abdelaziz Bouteflika ont assisté à cette réunion qui a regroupé également le coordinateur des services de sécurité rattachés à la présidence de la République, le général-major Bachir Tartag. Le Premier-ministre, Ahmed Ouyahia a également participé à cette réunion de crise, a-t-on appris de plusieurs sources concordantes.

L’objet de cette rencontre de travail était de trouver des solutions rapides et urgentes pour remplacer Abdelghani Hamel à la tête de la DGSN à la suite de ses déclarations fracassantes sur la corruption au sein des institutions de l’Etat, une déclaration qui a fortement irrité les services de renseignement et l’état-major de l’armée algérienne. L’option du limogeage de Hamel qui compte des proches dans son entourage ayant fréquenté le controversé “Kamel le Boucher”, a été rapidement adoptée en dépit de la polémique qu’elle allait susciter pendant de longues semaines à travers toute l’Algérie. Les décideurs ont préféré sanctionner définitivement Hamel au lieu de le rappeler uniquement à l’ordre.

Mais qui pour le remplacer ? Des discussions intenses ont été lancées et aucun consensus ne s’est pas dégagé de sitôt. Plusieurs noms ont été proposés à l’exemple de Kara Bouhadba Abdelkader, comme il a été révélé précédemment par Algérie Part. 

C’est finalement Ahmed Ouyahia qui va débloquer la situation en insistant sur la solution de Mustapha Lahbiri. L’homme est, certes, âgé, mais il présente des assurances pour les décideurs composant le sommet de l’Etat. Serviable, contrôlable, attentif aux décisions dictées d’en haut et, surtout, le patron de la protection civile, formé à l’Académie militaire interarmes de Cherchell, ne peut jamais s’autoriser une quelconque ambition politique. Le plan proposé par Ouyahia semblait parfait et l’objectif de ne pas trop bousculer brutalement les services de la DGSN est tracé comme une priorité absolue. Vers 18 H, le choix du nouveau patron de la police algérienne est définitivement entériné et la nouvelle est annoncée à toute l’Algérie.