Le limogeage du patron de la DGSN, la police algérienne, Abdelghani Hamel est une décision prise dans l’urgence. Et son potentiel remplaçant a fait l’objet d’un vif débat entre les principaux décideurs politiques du régime algérien. Mais un homme présentait un profil parfait pour assurer la cohésion des « troupes » de la DGSN. Un homme qui a failli remplacer mercredi après-midi Abdelghani Hamel. Mais à la dernière minute, sa « candidature » n’a pas été retenue pour des considérations politiques. Explications. 

Cet homme s’appelle Abdelkader Kara Bouhadba. Il s’agit d’une personnalité très connue au sein de la police algérienne. C’est  un commissaire divisionnaire qui avait occupé le poste de directeur de l’enseignement et des écoles à la DGSN.

Il était aussi à la tête de la police des frontières. En septembre 2012, il devient le directeur de la Police judiciaire au sein de la direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Dans ce poste, il fera beaucoup parler de lui comme lorsqu’il confirme en septembre 2013  l’enregistrement du mandat d’arrêt lancé contre Chakib Khelil.

« Nous lançons le mandat d’arrêt international en temps réel à toutes les régions du monde par le biais d’Interpol qui assume un rôle fondamental, qu’il s’agisse de grandes ou de petites affaires auxquelles nous accordons une même importance dans le suivi afin que l’enquête soit complète », avait-il affirmé à l’époque. Il accédera, plus tard, au rang de contrôleur de police, le grade le plus élevé en Algérie. Grâce  à ses efforts et son lobbying, l’Algérie se retrouvera élue au Comité exécutif (CE) de l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol) pour la région Afrique. Abdelkader Kara Bouhadba a été élu, d’ailleurs, fin 2013 comme délégué au Comité exécutif d’Interpol. Une énorme consécration.

Mais en dépit de ce parcours marqué par des réussites, Abdelkader Kara Bouhadba sera mis au placard par Abdelghani Hamel il y a de cela deux ans. Une vive tension avait opposé les deux hommes et leurs relations s’étaient envenimées. Abdelghani Hamel n’appréciait plus le pouvoir de plus en plus important d’Abdelkader Kara Bouhadba. Et la goutte d’eau qui fera déborder le vase sera incontestablement le message de félicitation adressé en 2016 à l’ancien directeur de la police judiciaire au sein de la DGSN par le chef d’état-major de l’armée algérienne, Ahmed Gaïd Salah. Ce dernier avait exprimé par écrit son affection et reconnaissance pour Abdelkader Kara Bouhadba. Abdelghani Hamel a fini par craindre la montée en puissance de son directeur de la police judiciaire.

Les malentendus entre les deux hommes aboutissent à une véritable mise à l’écart. Mais Ahmed Gaïd Salah, l’homme fort de l’armée algérienne, a exercé un très fort lobbying le mardi 26 juin dernier pour imposer la nomination d’Abdelkader Kara Bouhadba, un homme d’expérience et de terrain.

Mais au Palais d’El-Mouradia, la Présidence de la République, cette option a été rejetée par peur de déstabiliser la DGSN car il était certain que le retour d’Abdelkader Kara Bouhadba va s’accompagner par une purge sans précédent qui sera menée à l’encontre des hommes de Hamel. Il n’est pas question créer des tensions et divisions au sein de la DGSN en cette période très délicates. La proposition d’Ahmed Gaïd Salah a été donc refusée et le choix a été porté sur le colonel Mustapha El Hbiri, patron de la protection civile. Algérie Part reviendra prochainement sur les coulisses de ce choix inattendu et surprenant.

Ceci dit, plusieurs sources très bien informées nous assurent que l’intronisation à la tête de la DGSN d’Abdelkader Kara Bouhadba est une simple question temps car Mustapha El Hbiri ne saura pouvoir assurer pendant longtemps cette nouvelle fonction ô combien délicate en Algérie.