Le cabinet d’avocats Mossack Fonseca a été créé en 1986 par Jürgen Mossack fils d’un militaire allemand nazi réfugié en Amérique centrale et Ramón Fonseca qui est avocat, écrivain et homme politique panaméen.

En Avril 2016, deux journalistes travaillant pour le journal allemand Süddeutsche Zeitung : Frederik Obermaier et son collègue Bastian Obermayer, ont réussi à obtenir près de 12 millions de documents émanant du cabinet Mossak Fonseca et relatifs à des opérations de blanchiment d’argent et de fraudes fiscales, avant d’initier et de coordonner avec l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) ce qui allait devenir le fameux scandale des Panama Papers.

Entre la démission du premier ministre islandais et la famille royale qatarie, soupçonnée d’avoir caché de l’argent, les Panama Papers avaient aussi touché certains algériens.

Cela concerne le neveu de l’ancien ministre des affaires étrangères, Farid Bedjaoui, proche de Chakib Khellil, qui vient d’obtenir la nationalité libanaise parmi une liste de personnes naturalisées très controversée, suscitant ainsi un tollé au sein de partis d’opposition libanais lesquels reprochent aux autorités de naturaliser une personne figurant sur la liste de personnes recherchées par Interpol pour corruption…

Rappelons également que l’ex ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb en passant par Amine Zerhouni, fils de l’ancien ministre de l’Intérieur Noureddine Yazid Zerhouni, Amar Boudiab industriel et actionnaire du club MO Béjaïa, Tewfik Benjedid le fils de l’ancien Président de la République, les frères Touazi ou encore Abdelmadjid Fechkeur avaient été cités par le consortium de journalistes internationaux.

Abdeslam Bouchouareb, AFP PHOTO/ FAROUK BATICHE / AFP / FAROUK BATICHE

Entre 1992 et 1996, en pleine décennie noire, Issad Rebrab, alors importateur du rond à béton aurait également recouru aux services de Mossack Fonseca…

Issad Rebrab

 

Suite à la divulgation des noms derrière ces sociétés offshore, plusieurs pays, dont voici la liste, ont demandé une coopération internationale au gouvernement de Panama concernant les sociétés off-shore impliquant leurs concitoyens.

De même, sollicité par le journal Süddeutsche Zeitung il y a quelques jours, le Ministère Public panaméen a envoyé et confirmé la demande d’aide et d’assistance souhaitées par une liste de pays que vous pouvez consulter dans le tableau ci-après.

Le gouvernement algérien n’a quant à lui, manifestement au vu de ses informations, pas jugé utile de demander des explications et des détails quant à la détention et aux flux d’argent à l’étranger impliquant certains résidents algériens indélicats cités…

Seraient-ils de super citoyens, des personnes au-dessus de la loi, au point que ni le Ministre des Finances ni le Ministre de la Justice ne s’y soient intéressés ?

 » Tout le monde le sait, si je me fais attraper avec quelques euros de plus que le seuil autorisé au niveau de la douane je risque gros, mais pas eux !’’ nous dit un cadre employé d’une entreprise internationale.

 »C’est pas avec une justice à deux vitesses que nos gouvernants vont réussir à nous inspirer confiance » enchaine son collègue.

Frederik Obermaier © Stephanie Füssenich/KiWi

Entre temps Frederik Obermaier a reçu le prestigieux prix Pulitzer en 2017, le Premier Ministre pakistanais a été convoqué par la justice de son pays, l’administration danoise a versé 800.000 euros pour récupérer des documents liés aux « Panama Papers » afin d’identifier des centaines de cas présumés de fraude fiscale et le Cabinet Mossak Fonseca a définitivement fermé en mars 2018.

Encore une affaire classée pour l’Algérie !