Cela fait 20 ans que le chanteur, barde et infatigable militant de la cause amazighe et de la démocratie, Lounès Matoub, est mort. Le 25 juin 1998, le chantre a été assassiné par un groupe armé, à Tala Bouinan, à 10 Km de la ville de Tizi-Ouzou. Deux décennies plus tard, ses fans, toujours nombreux malgré le temps qui passent, ne veulent pas faire le deuil. Ils réclament justice et demandent la vérité sur l’assassinat d’un homme qui, de son vivant, dérangeait autant le pouvoir politique que les islamistes qu’il combattait sans relâche.

Lounès Matoub est plus qu’un chanteur. Pour des millions de berbères à travers le monde –son aura a dépassé les frontières de l’Algérie pour se trouver au Maroc, Libye, France- c’est une icône, un symbole des luttes. De son vivant, Lounès Matoub, assassiné juste à l’âge de 42 ans, avait vécu la répression du pouvoir. En octobre 1988, il a été gravement blessé.

Transpercé par 12 balles tirées par un gendarme qui l’avait appréhendé alors qu’il distribuait des tracts appelant au calme, Lounés Matoub s’en est sorti avec de graves séquelles. Il survivra à cette épreuve qui lui inspirera de belles ouvres.

En 1994, Lounès Matoub tombe dans un guet-apens tendu par le GIA. Après 3 semaines de rapt, le poète est libéré. Les terroristes avaient sans doute peur de la mobilisation populaire. Car, des groupes de citoyens armés se sont constitués en volontaires pour faire libérer leur idole. Matoub est libéré. Il en fera un beau livre intitulé le Rebelle.

Avant d’être assassiné en juin 1998, Lounès Matoub enregistre son ultime album. Des chansons dédiées à la démocratie, la liberté de la femme et le combat identitaire nous sont laissées comme un héritage. Dans l’album de 1998, intitulé « Aghurru » (la trahison), le « rebelle », qui a transformé l’hymne national, y dénonce la mainmise du pouvoir politico-militaire de l’époque sur le pays. Il paiera de sa vie. Des milliers de personnes sortent alors dans la rue et ses obsèques furent l’un des plus populaires jamais connues par l’Algérie. Des millions de personnes affluèrent de toute part vers son village, Taourirt Moussa, à Béni-Douala, où il repose désormais. Mas sa prophétie, chantée en 1984, s’est concrétisée. « Cfut di targa ma ghligh, d anzaw awen-d issiwlen (souvenez-vous, si un jour, je tombe, mon écho vous appellera) ». Ce 25 juin, des millions de personnes ont célébré l’artiste dans le monde entier !