A moins d’une année de l’élection présidentielle de 2019, la question du renouvellement de l’Etat-Major de l’Armée algérienne (ANP) se pose également avec beaucoup d’acuité. 

C’est un tournant majeur que doit vivre l’armée algérienne. Le général-major Ahmed Gaïd Salah occupe depuis le 3 août 2004 la fonction de chef d’État-major de l’ANP. Il a mené plusieurs réformes, mouvements de modernisation et restructuration. A 78 ans, le vieux général, apprécié par les troupes et la Présidence de la République pour ses multiples servies rendus à l’institution militaire, ne pourra pas continuer pendant longtemps d’exercer ses fonctions. Aujourd’hui, il est plus que jamais amené à préparer sa retraite.

Ahmed Gaïd Salah est parfaitement conscient de cette vérité. Et pour ce faire, il prépare d’ores et déjà sa succession, a-t-on appris au cours de nos investigations. Le big boss de l’armée algérienne aurait d’ores et déjà opté pour un plan de succession qu’il élabore très discrètement pour le soumettre ensuite au Chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika.

Selon nos investigations, Ahmed Gaïd Salah s’est ainsi beaucoup rapproché du général-major Saïd Bey, l’actuel commandant de la deuxième région militaire. Même si son âge dépasse les 60 ans, il demeure pour le moins, et paradoxalement, le plus jeune des actuels chefs de régions militaires en Algérie. Saïd Bey est également très apprécié pour son parcours au sein de l’armée algérienne où il compte plusieurs faits d’armes comme l’opération des Babors menée le 11 septembre 2003 lorsqu’il était le responsable de la 5e Région militaire.

La réussite de cette opération, 28 terroristes arrêtés et 10 éliminés, a redoré le blason de ce général quelques fois critiqué pour son bilan lorsqu’il était à la tête de la première région militaire durant une bonne partie de la décennie noire. Après avoir été critiqué pour sa gestion sécuritaire peu efficace lors des massacres collectifs qui ont été perpétrés dans la Mitidja et la proche périphérie d’Alger, le général-major Saïd Bey prend une nouvelle stature à partir du début des années 2000 où il va réaliser de nombreux acquis au profit de la lutte contre le terrorisme islamiste radical.

Mais le chef de l’Etat-Major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, apprécie un autre atout dont dispose Saïd Bey : son expérience internationale et sa connaissance de l’OTAN. En effet, le général Saîd Bey fut muté à Bruxelles à la fin des années 90 où il exercera en tant qu´attaché militaire de l´Algérie auprès de l´OTAN. Il mènera plusieurs négociations et pourparlers pour renforcer la coopération avec la puissante organisation militaire occidentale.

Cette expérience vaut de l’or aux yeux d’Ahmed Gaïd Salah car l’armée algérienne a besoin d’un leader qui peut parler aux autres décideurs militaires du monde dans ce contexte de globalisation. Pour toutes ces raisons, Saïd Bey pourrait devenir le joker d’Ahmed Gaïd Salah. Cependant, pour l’heure, rien d’officiel n’a été décidé et le plan de succession d’Ahmed Gaïd Salah est toujours à l’étude. Tout peut changer à la lumière des conciliabules et agendas politiques dictées par les prochaines évolutions de notre pays.